Trois-Pistoles/Notre-Dame-des-Neiges : des économies avec un regroupement

Par Alexandre D’Astous

C’est dans une salle bondée à la Riveraine qu’a eu lieu le 10 juin la première de deux soirées d’information et de consultation sur le projet de regroupement entre Trois-Pistoles et Notre-Dame-des-Neiges.

Il a notamment été permis d’apprendre qu’un regroupement générerait des économies parce qu’il permettrait d’éviter certains dédoublements de services pour les assurances, les frais juridiques ou de comptabilité, sans oublier le fait de devoir payer deux conseils municipaux.

Ainsi, l’impôt foncier baisserait pour tous les citoyens à Trois-Pistoles, et pour les résidences et les propriétés agricoles et forestières à Notre-Dame-des-Neiges, mais il y aurait une hausse pour les commerces et les industries, afin de passer d’une taxation unique à une taxation variée selon les usages, comme c’est le cas à Trois-Pistoles.

Les Trois-Pistoles
La nouvelle ville s’appellerait Les Trois-Pistoles. Si les deux municipalités décident d’aller de l’avant, elles devront faire une demande commune de regroupement d’ici le 31 août. Ainsi, il n’y aurait pas d’élections en novembre. Un conseil provisoire formé des 14 élus actuels effectuerait la transition.

Par la suite, des élections auraient lieu en 2026. Le maire serait élu au suffrage universel, et le conseil municipal serait formé de trois conseillers de Trois-Pistoles, et trois de Notre-Dame-des-Neiges, même si Trois-Pistoles compte les deux tiers de la population. Pour l’élection de 2029, la nouvelle ville serait séparée en districts électoraux. La nouvelle ville recevrait 1,5 M$ du gouvernement du Québec pour faciliter la transition.

De nombreux questionnements
Les gens présents ont fait part de leur inquiétude et ont posé de nombreuses questions. On sentait une certaine réticence dans la salle, bien que quelques citoyens aient exprimé leur accord pour un regroupement. La principale inquiétude des résidents de Notre-Dame-des-Neiges est de «se faire engloutir» par Trois-Pistoles, ce à quoi le maire Jean-Marie Dugas a répondu qu’un élu doit travailler pour l’ensemble de son territoire. «Les investissements ne se feront pas uniquement dans un secteur ou dans l’autre.»

Les deux entités partagent déjà plusieurs services comme les pompiers, les camps de jour et la bibliothèque. Chaque entité conserverait ses surplus et ses dettes.

Tous les employés des deux entités conserveraient leur emploi. La même présentation du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation aura lieu le 11 juin à l’hôtel de ville de Trois-Pistoles.

Un sondage en cours
Les citoyens sont appelés à s’exprimer sur le regroupement entre la ville de Trois-Pistoles et la municipalité de Notre-Dame-des-Neiges. La démarche pour réaliser une étude d’opportunité pour un regroupement éventuel a commencé en 2021. Il a été décidé en mai 2025 par les deux conseils municipaux de consulter la population, consultation qui vise à fournir aux autorités municipales un cadre qui leur permettrait d’évaluer la pertinence de procéder ou non au regroupement.

Jusqu’au 30 juin à minuit, il est possible de répondre au sondage, en ligne ou à l’accueil de l’hôtel de ville de Trois-Pistoles et du bureau municipal de Notre-Dame-des-Neiges.

L’église La Riveraine était remplie pour la soirée d’information.

LETTRE D’OPINION

Élections municipales :
choisir l’avenir et non le passé

Le 2 novembre prochain, les citoyens seront appelés aux urnes pour élire leurs représentants municipaux. Déjà, l’échéance approche à grands pas, et le dépôt des candidatures, prévu en septembre, sera un moment crucial pour l’avenir de nos communautés. C’est le temps, maintenant, d’y penser sérieusement.

Trop souvent, les choix électoraux se fondent sur la familiarité : un voisin, ou « Elle vient d’une vieille famille du coin », ou encore « Il nous faut un représentant par quartier ». Ces arguments, bien qu’humains, ne suffisent plus face aux défis actuels.

L’enjeu principal de cette élection réside dans la nécessité de regrouper nos services et ressources municipales afin d’assurer leur pérennité et leur efficacité. Cette démarche, déjà parrainée et encouragée par la MRC, ne pourra aboutir que si les conseils municipaux s’engagent résolument dans cette voie. Présentement, l’ensemble des maires actuels encourage ces initiatives. Assurons-nous que cela demeure vrai et perdure après les élections.

Éviter le repli sur soi

C’est donc à nous, électeurs, de faire preuve de discernement. Il est essentiel d’élire des candidates et candidats prêts à collaborer, à innover et à soutenir ces regroupements, plutôt que de s’enfermer dans un repli sur soi et un passé
sécurisant qui freinerait tout progrès. Sans des choix judicieux par la population, le travail préparatoire réalisé jusqu’à présent risque de rester lettre morte. Refuser d’aller de l’avant, c’est risquer de voir nos services s’appauvrir ou disparaître.

Avant toute chose, il faut soutenir et encourager les personnes qui soutiennent des projets en ce sens, afin qu’elles se présentent aux élections. Il faut rassurer les personnes qui hésitent à s’impliquer, les assurer qu’ils ne seront pas seuls face à l’adversité, et qu’elles pourront compter sur notre appui. Inviter et soutenir de bons candidats, c’est déjà s’impliquer activement dans la vie municipale.

En novembre, nous aurons l’occasion de choisir la direction que prendra notre milieu. Saisissons-la avec responsabilité et vision. Si, dans Les Basques, nous élisons des conseils municipaux opposés aux regroupements, il serait illusoire de croire que la MRC pourra avancer sur ce dossier.

Denis Marcoux,
maire Saint-Simon-de-Rimouski

©Tous droits réservés, Journal l’Horizon, juin 2025