Une importance majeure pour la communauté d’Essipit

Pour le chef de la communauté autochtone d’Essipit, sur la Côte-Nord, la Traverse Trois-Pistoles/Les Escoumins a une importance majeure pour l’économie de sa communauté.

Alexandre D’Astous

« Nous avons des travailleurs qui proviennent de la rive sud. Le bateau est important pour le transport de cette main-d’œuvre, surtout qu’il devrait y avoir encore des moyens de pression à la Société des traversiers du Québec. Cela démontre que notre traverse, qualifiée d’intermédiaire, est indispensable pour le transport entre les deux rives », mentionne M. Dufour.

Le chef souligne que la communauté travaille sur le développement d’une offre touristique depuis plus de 30 ans. « Nous sommes très présents dans le récréotouristique, avec nos pourvoiries de poissons indigènes, dont la truite mouchetée. Nous offrons aussi des croisières aux baleines, et un vaste réseau d’hébergement. Nous avons aussi un restaurant de produits de la mer aux Escoumins, en partenariat avec des allochtones du coin. Nous avons une offre importante d’activités de kayak de mer, un camping à Tadoussac, et un autre à Essipit », précise-t-il.

Un fort dynamisme
La communauté note un fort dynamisme lors de la reprise des activités de la Traverse. « Nous avons complété les embauches pour la saison estivale. C’est le fun de voir revenir des travailleurs qui sont essentiels pour accueillir les gens. Ce sont des personnes de cœur. »
Membre de la Compagnie de navigation des Basques

Essipit est l’un des quatre membres de la Compagnie de navigation des Basques avec la Ville de Trois-Pistoles, et les municipalités des Escoumins et de Notre-Dame-des-Neiges. « Nous sommes contents de faire partie de ce beau projet. On veut pérenniser le service. On aimerait avoir une subvention récurrente sans mise de fonds. Ça nous aiderait pour les mois un peu plus durs, en début et en fin de saison. L’objectif, ce n’est pas de se redistribuer des dividendes, mais de réinvestir les profits sur le bateau, en travaux pour améliorer le navire, et le maintenir dans un état de santé satisfaisant. Nous avons acheté un nouveau radar cette année pour la sécurité », souligne le chef Dufour.

M. Dufour affirme que l’objectif est d’éviter de devoir revivre l’incertitude de l’année 2020. « C’est la fin d’être sur un fleuve tranquille, et de ne pas avoir à se battre ou à convaincre le gouvernement de notre utilité. On travaille fort chaque année. Nos gestionnaires sur le bateau font un travail formidable. »

Essipit dit sentir le lien avec les gens de la rive sud se consolider depuis quelques années. « Il y a des initiatives en place pour favoriser la tenue d’événements sur les bateaux, mais également pour permettre aux gens de traverser à un coût abordable pour participer à des événements de l’autre côté du fleuve », affirme M. Dufour.

Le chef de la réserve d’Essipit, Martin Dufour.
Photo COURTOISIE

©Tous droits réservés, Journal l’Horizon, juin 2025