L’Héritage 1 inspecté avant le début de la saison
Avant la saison, L’Héritage 1 a subi une inspection complète, la dernière remontant aux importants travaux de réfection effectués en 2020, lors de la cale sèche qui avait forcé l’arrêt du service.
« Le bateau doit subir une inspection complète aux cinq ans. Nous n’avons pas été obligés de sortir en cale sèche cette année en raison des inspections que nous avons faites, mais en 2030, c’est sûr que nous allons devoir sortir le bateau de l’eau. Cela va engendrer des coûts importants. En 2030, il y aura encore de bons investissements à faire. Est-ce qu’on va retourner chez Groupe Océan, où nous sommes allés en 2020 ? Ça peut être une option. De mon côté, je pense que pour assurer la pérennité de la Traverse, ce serait mieux d’avoir notre propre cale sèche, pour être maître d’œuvre de nos travaux », estime le capitaine du navire, Jean-Philippe Rioux.
Le capitaine s’attend à ce que d’importants travaux soient requis en 2030. « En 2020, nous avions remplacé environ 75 % de l’acier de la coque. Le 25 % restant n’était pas à remplacer parce qu’il se trouvait dans la partie rallongée en 1995, alors que le reste datait de 1973 et avait dû être remplacé. En 2030, il y a de bonnes chances pour que cette partie de la coque ait besoin d’être remplacée. On ne parle pas d’un chantier aussi important que le dernier, mais qui pourrait coûter aussi cher, en raison de l’augmentation des tarifs sur une période de dix ans. »
Des travaux mineurs
Au cours de l’hiver, quelques améliorations ont été apportées au bateau. « Nous avons fait des retouches de peinture. Nous avons changé le recouvrement de certains sièges, mais pas de changements majeurs. Il s’est cependant passé des changements assez importants dans la salle des machines. Nos moteurs approchaient les dix ans. Nous leur avons fait un entretien complet, pour nous assurer que tout fonctionne bien encore. Du côté de la mécanique, tout va bien. Nous avons une équipe stable depuis plusieurs années. Au cours des dernières années, nous avons mis plus de ressources pour aider notre département de la mécanique, ce qui fait que nous sommes davantage en prévention qu’en réaction », explique le capitaine.
Pour l’ensemble du personnel, le recrutement se fait bien. « Nous avons un léger roulement, mais cette année, c’est une des années où il y a le moins d’embauches à faire sur le navire. Côté services sur les quais, nous avons procédé à des embauches pour partager les tâches de l’homme de quai avec une personne qui fera plus de l’opérationnel, et une autre qui s’occupera davantage de l’accueil. L’expérience client devrait être améliorée », indique Jean-Philippe Rioux.
L’équipe de la Traverse pour cette année. Photo Alexandre D’Astous
Une saison plus longue afin de répondre à la demande
(Alexandre D’Astous) La Compagnie de navigation des Basques (CNB) propose une traversée du fleuve Saint-Laurent au départ
des Escoumins et de Trois-Pistoles, de mai à la mi-octobre, à bord du traversier L’Héritage 1. Cette année, la saison a débuté le 14 mai, et elle se poursuivra jusqu’au 18 octobre.
« L’an passé, nous avions allongé la saison de deux semaines. Les résultats ont été concluants. Nous avons des voyages qui valent la peine jusque-là, si bien qu’on récidive cette année. Nous sommes au maximum, puisque nous avons des travaux d’entretien à faire en fin de saison. Plus on navigue longtemps, plus on rétrécit la fenêtre des travaux », explique le capitaine, Jean-Philippe Rioux.
La relance de Rimouski/Forestville
Le capitaine est convaincu que sa traverse aura toujours sa place, même si le lien entre Rimouski et Forestville devait repartir. « C’est certain que ça va avoir des impacts sur le nombre de passagers dans les prochaines années. Il va falloir être vigilants. C’est sûr que les gens vont vouloir aller voir le nouveau bateau. Pour monter leur projet, ils se sont basés sur notre structure. Ça prouve que notre formule est bonne et qu’elle fonctionne. Elle est en train de se répéter à Rimouski. Présentement, nous sommes la seule traverse non déficitaire au Québec. C’est assez incroyable pour une petite entreprise comme la nôtre. Nous sommes en train de montrer au gouvernement que notre structure fonctionne et qu’elle est efficace. Ça va nous donner des arguments lorsque nous aurons besoin d’aide. Je pense que les traversiers sont forts lorsqu’ils sont ensemble. Rimouski, Trois-Pistoles et Rivière-du-Loup ne sont pas des compétiteurs. Nous sommes des alliés pour desservir trois régions : Charlevoix, le Bas-Saint-Laurent et la Côte-Nord. Chaque traverse à son utilité. »
Une diversité d’horaires
Le capitaine estime que Trois-Pistoles/Les Escoumins se démarque par son horaire qui est en fonction des marées, et non à heure fixe comme
Rimouski ou Rivière-du-Loup. « Ça nous permet d’avoir les départs les plus tôt le matin et les plus tard le soir. Les gens qui finissent de travailler à 17 h vont venir chez nous si on a un départ à 20 h au lieu d’attendre au lendemain. Notre diversité d’horaires nous permet de répondre à une demande à laquelle les autres ne répondent pas ».
Les services offerts sur le bateau sont un bar, une boutique avec des produits d’artisans locaux, des informations touristiques, un pont extérieur accessible, un service de restauration ou casse-croûte et une salle de repos.
©Tous droits réservés, Journal l’Horizon, juin 2025