(Alexandre D’Astous)-L’Office national du film du Canada (ONF) annonce le début du tournage d’Ordures, le premier long métrage documentaire de Lili Labelle, inspiré du récit Ordures! Journal d’un vidangeur, de Simon Paré-Poupart, publié chez Lux Éditeur.

Dès aujourd’hui et pendant un an, la cinéaste accompagnera deux chauffeurs dans le monde de la collecte des déchets à Montréal. Produit par Mélanie Brière et Isabelle Couture, le film nous fera découvrir une communauté dont le travail essentiel demeure largement méconnu.

Prendre la route avec ceux qui ramassent

Chaque semaine, la population dépose ses déchets au bord de la rue. Un camion passe, les sacs disparaissent et plus personne n’y pense. Pour les vidangeurs, une autre tournée commence : courir, soulever, lancer, recommencer, dans la chaleur comme dans les tempêtes et la pluie verglaçante.

Au fil d’une journée de travail et des rencontres qui la jalonnent, Ordures nous plongera dans l’univers de ce métier dangereux qui use le corps. La caméra s’attardera aux gestes, aux conversations et aux moments de répit, dans la cabine du camion comme dans la rue. Les déchets amassés révéleront aussi, au passage, ce que nos rebuts disent de nous.

« Les vidangeurs font disparaître les traces de notre consommation, alors que leur propre réalité demeure largement invisible. Je trouvais qu’il y avait là un formidable terrain de jeu pour le cinéma. Il y a chez eux une grande fierté, un réel plaisir à travailler ensemble et un esprit de fraternité impressionnant. On veut faire partie de la gang, et c’est ce que je veux faire ressentir au spectateurs », affirme Lili Labelle, réalisatrice.

Du livre à la rencontre

C’est à mi-parcours de sa lecture du livre de Simon Paré-Poupart que Lili Labelle a contacté l’auteur, frappée par la force cinématographique des histoires qu’il racontait. De leurs échanges est né ce projet, développé pendant près d’un an avec l’ONF.

Conseiller à la scénarisation et consultant, Simon Paré-Poupart contribue aux orientations du documentaire et facilite l’accès à ce milieu qu’il connaît intimement. Sa collaboration permet à la réalisatrice de gagner la confiance des participants, une condition essentielle à une approche de cinéma direct, au plus près de l’action et de leur parole.

Avec cette œuvre aux dimensions humaines, sociales et environnementales, Lili Labelle souhaite également contribuer à la mémoire collective en documentant un savoir-faire et une culture de travail que la robotisation pourrait un jour transformer. Une démarche qui trouve naturellement sa place à l’ONF, dont les films témoignent des réalités et des changements de la société.   

Le tournage se déroulera au fil des quatre saisons. La sortie du documentaire est prévue en 2028.

Photo : (Image fournie par l’ONF)