(Alexandre D’Astous)-L’Organisation Bleue (OB) conclut l’Expédition Bleue : Chapitre les îles du golfe du Saint-Laurent, une mission de 33 jours consacrée à la documentation de la pollution plastique dans les milieux insulaires du golfe du Saint-Laurent. À bord de deux navires, l’équipage de 11 professionnels a parcouru 20,9 hectares de territoire, réalisé 19 activités de nettoyage, a recensé près de 7 000 items et retiré un total de 1,2 tonnes de débris plastique.
Cette 4e présentation de l’Expédition Bleue a réuni scientifiques et artistes autour d’un objectif commun : mieux comprendre la présence et l’accumulation des débris plastiques dans les milieux côtiers et insulaires, particulièrement dans les secteurs éloignés et difficiles d’accès. En conjuguant recherche scientifique et création artistique, l’expédition a également permis d’explorer de nouvelles façons de documenter et de sensibiliser la population à cet enjeu environnemental.
Un bilan de terrain révélateur
Au cours de l’expédition, l’équipage est intervenu dans différents secteurs de la Minganie, de l’île d’Anticosti, de la Basse-Côte-Nord et de Terre-Neuve, notamment au sein de six aires protégées. Au total, 19 activités de nettoyage et de caractérisation ont été réalisées. À pied, l’équipage a parcouru 20,9 hectares de territoire, soit l’équivalent de 167 piscines olympiques, afin de retirer, trier et recenser les débris plastiques présents sur les berges.
Au total, 6 857 objets et fragments ont été minutieusement comptabilisés dans la base de donnés d’Organisation Bleue (2019-2026). Parmi les catégories qui ont été les plus fréquemment observées sur le terrain :
- 678 bouchons de plastique;
- 597 morceaux de pellicule plastique;
- 552 cartouches de fusil;
- 535 petits morceaux de styromousse;
- 486 petits morceaux de plastique rigide.
Ces résultats témoignent de la présence de débris plastiques dans des milieux parfois éloignés des activités humaines. Leur caractérisation permet de documenter la nature et l’abondance de débris retrouvés sur les berges, et de contribuer à une meilleure compréhension de leur transport et de leur accumulation dans le golfe du Saint-Laurent.
Des sciences et des arts pour différents regards sur la pollution plastique
Au-delà des activités de nettoyage, l’Expédition Bleue a mis de l’avant une approche interdisciplinaire réunissant sciences et arts. La photographie, le dessin, l’écriture et l’art vivant ont permis d’explorer différentes façons de témoigner des réalités observées sur le terrain.
En complément des données scientifiques, ces démarches de recherche-création contribuent à rendre visibles les enjeux liés à la pollution plastique, à susciter la réflexion et à renouveler les approches de sensibilisation et d’éducation environnementale.
« Ce qui nous frappe, année après année, c’est le contraste entre la beauté et l’isolement de ces territoires et la présence bien réelle de déchets qui s’y accumulent. Chaque déchet que nous retirons témoigne de la présence de la pollution plastique, mais constitue aussi une donnée précieuse qui nous permet de mieux comprendre le phénomène, de comparer les territoires et, à terme, de mieux orienter les actions de conservation », commente Anne-Marie Asselin, cheffe de mission de l’Expédition Bleue et directrice générale de l’Organisation Bleue.
Des données pour poursuivre le suivi de la pollution plastique
Les données recueillies lors des activités de terrain sont intégrées au Portail de la pollution plastique des zones côtières de l’Est du Canada, en collaboration avec l’Observatoire global du Saint-Laurent (OGSL). Elles viennent enrichir les connaissances disponibles sur la pollution plastique et contribuent au suivi de sa répartition dans le système hydrographique du Saint-Laurent. Les résultats et les résumés des activités peuvent également être consultés sur la carte interactive du portail, à l’adresse pollutionplastique.ca | plasticpollution.ca.
Si l’expédition s’est rendu à bon port, les travaux se poursuivent désormais à travers l’analyse des données, la valorisation des observations et la diffusion des créations artistiques. L’Organisation Bleue souhaite ainsi faire rayonner les connaissances acquises et poursuivre sa mission de documentation, de sensibilisation et de protection du système hydrographique du Saint-Laurent.
La réalisation de l’Expédition Bleue 4 a été rendue possible grâce au soutien financier du Programme maritime pour la biodiversité du Saint-Laurent du Fonds d’action Saint-Laurent, avec l’appui du gouvernement du Québec, ainsi qu’à la contribution du Conseil des arts de Montréal et du Conseil des arts et des lettres du Québec.
Au-delà de ces précieux soutiens financiers, cette expédition n’aurait pu voir le jour sans la mobilisation d’un vaste réseau de partenaires, de collaborateurs et d’alliés. De la préparation de la mission aux 33 jours passés en mer, leur confiance, leur expertise et leur engagement ont contribué à faire de cette aventure scientifique et artistique une véritable expérience de recherche, de formation et de transmission des savoirs. Grâce à cette force collective, l’équipage a pu accéder à des territoires éloignés, documenter la pollution plastique et partager ses observations avec le public. L’Organisation Bleue tient à remercier chaleureusement toutes les personnes et tous les partenaires qui ont contribué à cette mission et qui, ensemble, participent à mieux connaître, protéger et dépolluer le Saint-Laurent.
Photo : L’équipage est intervenu dans différents secteurs de la Minganie, de l’île d’Anticosti, de la Basse-Côte-Nord et de Terre-Neuve. (Photo courtoisie)



