(Alexandre D’Astous)-Présente dans la région depuis près de 40 ans, l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR), Section de l’Est-du-Québec, a pour mission principale la défense des droits des aînés.

« Notre rôle, c’est de porter la voix des aînés pour la défense de leurs droits. Nous œuvrons exclusivement dans la défense des droits, que ce soit les droits économiques et sociaux. Dans les Basques, 36% de la population a plus de 65 ans. Nous sommes une des MRC les plus âgée au Québec. Nous avons aussi beaucoup de pauvreté. 52% des aînés reçoivent le supplément de revenu garanti », explique le président AQDR Section de l’Est-du-Québec, Pierre-Paul Malenfant.

Cinq niveaux de recommandation

M. Malenfant mentionne que l’organisme fait des recommandations à cinq niveaux. « Nous sommes très actifs dans la campagne électorale. On parle du logement social. Dans les villages, les aînés doivent souvent quitter vers les centres pour se rapprocher des services et leurs maisons perdent de la valeur. Nous avons besoin de résidences pour aînés communautaires dans nos municipalités, sans but lucratif comme des HLM ou des coopératives d’habitation ».

Une autre revendication concerne le transport collectif. « Nous n’avons pas la capacité de se déplacer facilement sur le territoire. Il y a 25% des municipalités de la MRC des Basques qui n’ont pas d’épicerie. Les gens doivent donc se déplacer pour aller à l’épicerie ou à leurs rendez-vous médicaux. Nous avons besoin d’un transport collectif accessible. Il faudrait aussi être capable de se rendre à Rimouski ou à Rivière-du-Loup pour rencontrer des spécialistes ou obtenir des services gouvernementaux. Il n’y a plus de taxi sur le territoire », souligne M. Malenfant.

La 3e revendication vise l’obtention d’un revenu décent. « C’est triste de constater que des gens qui ont travaillé toute leur vie se retrouvent avec une petite pension de la sécurité de la vieillesse et doivent demander le supplément de revenu garanti. On demande des mesures fiscales afin que les gens n’aient pas à payer d’impôt et pour encourager les personnes de 65 ans et plus à continuer à travailler, surtout dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre. On demande des mesures fiscales qui encouragent le maintien en emploi ».

Bonifier le soutien à dmicile

Le soutien à domicile doit aussi être favorisé. « Au Québec, 10% du budget du ministère de la Santé va en soins à domicile. Au Danemark, c’est 70%. Nous sommes très en retard. Les aînés veulent rester à domicile, mais ils ont besoin de services pour le faire. La ministre Bélanger a annoncé une politique l’hiver dernier, mais on attend toujours du concret », affirme M. Malenfant.

Enfin, l’AQDR réclame la création d’un ministère des aînés. « On pense que vu la coupe démographique du Québec, il y aura beaucoup d’aînés dans les 25-30 prochaines années. La question des aînés touche plusieurs ministères. Ce serait visionnaire qu’un parti politique annonce qu’on devrait avoir un ministère des aînés », lance M. Malenfant.

Photo : Pierre-Paul Malenfant, travailleur social retraité et président AQDR Section de l’Est-du-Québec. (Photo courtoisie)