(Alexandre D’Astous)-Le chef du Parti Vert du Québec, Alex Tyrrell, s’est rendu devant le poste de quartier 39 du SPVM, à Montréal-Nord, afin de présenter les engagements de son parti contre le racisme systémique, le profilage racial et les abus policiers.
Sa déclaration survient dans la foulée d’allégations graves visant des policiers ayant travaillé au PDQ 39, notamment des accusations selon lesquelles des cheveux de personnes noires auraient été coupés et conservés après des interventions policières. Le SPVM a confirmé qu’une enquête de sa Division des normes professionnelles est en cours, que le groupe concerné a été dissous et que des policiers ont été suspendus.
« Le Parti Vert du Québec propose une tolérance zéro pour le racisme au sein des forces policières, des services de santé et de l’ensemble des services publics », a déclaré Alex Tyrrell.
Enquête publique réclamée
Le Parti Vert du Québec réclame une enquête publique sur les événements du PDQ 39, un meilleur soutien aux personnes touchées et une protection accrue des lanceurs d’alerte, notamment des policiers et employés qui dénoncent des comportements racistes ou abusifs à l’intérieur de leur organisation.
Alex Tyrrell a également dénoncé le refus du gouvernement du Québec de reconnaître le racisme systémique et sa contestation judiciaire des décisions concernant les interceptions routières sans motif. Pour le Parti Vert du Québec, ces pratiques doivent prendre fin lorsqu’elles contribuent au profilage racial.
Le chef du Parti Vert a aussi réclamé une réforme du Bureau des enquêtes indépendantes afin que davantage d’allégations graves impliquant des policiers puissent faire l’objet d’enquêtes véritablement indépendantes.
« Lorsque des policiers font l’objet d’allégations graves de racisme ou de comportements potentiellement criminels, la population doit pouvoir avoir confiance dans l’indépendance du processus d’enquête », a déclaré Tyrrell.
Réduire les budgets des corps policiers
Le Parti Vert du Québec propose également de réduire de 30 % les budgets des corps policiers afin de réinvestir ces sommes dans la prévention, les services sociaux, les programmes destinés aux jeunes et les organismes communautaires.
« La répression ne réglera pas tous les problèmes. Il y a un rôle pour la police, mais il y a aussi un rôle essentiel pour les services sociaux, la prévention et l’action communautaire », a affirmé Alex Tyrrell.
Le Parti Vert du Québec s’oppose également au nouveau règlement montréalais interdisant notamment les insultes et certains comportements jugés offensants envers les employés municipaux, y compris les policiers. Adopté par le conseil municipal de Montréal le 21 septembre, le règlement prévoit des amendes pouvant aller de 300 $ à 1 000 $ pour une première infraction et jusqu’à 2 000 $ en cas de récidive. Des organisations de défense des libertés civiles ont soulevé des préoccupations quant à la portée du règlement et au pouvoir discrétionnaire qu’il pourrait accorder dans son application. (CCLA)
Pour Alex Tyrrell, les menaces, le harcèlement et la violence peuvent déjà faire l’objet de sanctions, mais le simple fait d’insulter ou de critiquer sévèrement un policier ne devrait pas donner lieu à une contravention. Il estime qu’un règlement formulé trop largement risque d’avoir un effet dissuasif — un « chilling effect » — sur la liberté d’expression, particulièrement pour les personnes racisées, les manifestants, les citoyens qui filment des interventions policières et les journalistes qui documentent les actions des forces de l’ordre.
Interventions visant des journalistes
Le Parti Vert exprime également sa vive préoccupation concernant les interventions policières visant des journalistes lors de la manifestation contre le sommet ALL IN sur l’intelligence artificielle, le 16 septembre à Montréal. The Rover affirme que deux de ses journalistes ont été frappés par des policiers et que le photojournaliste William Wilson, qui portait une identification de presse, a subi une commotion cérébrale. Le SPVM a confirmé avoir pris connaissance des images concernant des interventions alléguées envers des journalistes et avoir transmis le dossier à sa Division des normes professionnelles pour analyse. (The Rover)
« Les journalistes doivent pouvoir couvrir une manifestation, photographier les interventions policières et poser des questions aux autorités sans craindre d’être frappés, aspergés ou ciblés en raison de leur travail. Dans un tel contexte, donner simultanément aux policiers davantage de moyens pour sanctionner les paroles qui leur sont adressées risque d’avoir un effet dissuasif sérieux sur la liberté de la presse et la liberté d’expression », affirme Alex Tyrrell.
Pour le Parti Vert du Québec, la confiance envers les forces policières ne peut pas être construite en limitant la critique ou en protégeant les institutions contre les paroles dérangeantes. Elle doit être gagnée par la transparence, l’imputabilité, des enquêtes véritablement indépendantes et le respect des droits fondamentaux.
Prévention et soutien social
Selon le Parti Vert, la sécurité publique doit également reposer autant sur la prévention et le soutien social que sur l’intervention policière. Le parti propose donc une approche combinant tolérance zéro envers le racisme, enquêtes indépendantes, protection des lanceurs d’alerte, soutien aux victimes, protection de la liberté d’expression et investissements accrus dans les services sociaux.
« Il faut prévenir les crimes justement en ayant des programmes sociaux, en ayant des programmes pour les jeunes, en prenant soin de la population », a conclu Tyrrell.


