(Alexandre D’Astous)-À l’aube de la troisième semaine de la campagne électorale, le regroupement citoyen Le pont de la 20 ça tient pas debout dénonce la place quasi inexistante accordée aux enjeux environnementaux. Les impacts des changements climatiques continuent de s’intensifier et la pression exercée sur le réseau routier de l’Est-du-Québec est déjà considérable.
Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) vient d’identifier au printemps dernier 228 sites différents vulnérables à l’érosion côtière dans l’Est-du-Québec. Cette réflexion soulève désormais la question d’un éventuel déplacement de la route. Dans de telles circonstances, le regroupement rappelle qu’il est primordial de s’assurer que les fonds nécessaires seront disponibles pour réaliser les travaux requis afin de préserver cet axe routier essentiel. Sans intervention, certaines communautés pourraient voir leur accès routier au reste de la province sérieusement compromis.
Le Pont de la 20 ça tient pas debout réclame depuis sa création la mise sur pied d’un fonds d’urgence climatique dédié spécifiquement à la résilience des infrastructures face aux changements climatiques.
Des dommages irréparables
« La prolongation de l’autoroute 20 causerait aussi des dommages irréparables au patrimoine paysager de la vallée de la rivière des Trois-Pistoles en saccageant ses rives et son bassin versant », rappelle le porte-parole du regroupement Le pont de la 20 ça tient pas debout, Sébastien Rioux. « En plus de dévaster les magnifiques vallons appalachiens derrière Saint-Simon et Saint-Fabien, cette autoroute viendrait altérer à tout jamais la beauté et la quiétude du territoire bicois en enclavant ce village entre deux infrastructures routières. »
Ce sont 706 hectares de terres agricoles, 27 hectares de milieux humides et 33 hectares de milieux forestiers, dont de nombreuses érablières, qui se verraient détruits et segmentés à tout jamais. En détruisant la faune et la flore présentes dans l’emprise autoroutière, le projet contribuerait à diminuer davantage la biodiversité bas-laurentienne.
Rappelons que la construction de chaque kilomètre de nouvelle route émet en moyenne 200 à 250 tonnes d’équivalent CO2 par kilomètre selon le gouvernement du Canada. Le déboisement, le dynamitage et le transport des agrégats par camions lourds s’ajoutent au bilan carbone global.
Un choix critique
« Les impacts des changements climatiques dans l’Est-du-Québec nous frappent déjà de plein fouet et nous sommes devant un choix critique. Il est irresponsable de vouloir construire une nouvelle autoroute alors que plusieurs communautés risquent de perdre leur seul accès routier », plaide Sébastien Rioux.
Le directeur du Conseil régional de l’environnement du Bas-Saint-Laurent, Patrick Morin, rappelait récemment sur les ondes de Radio-Canada qu’il est difficilement concevable qu’en 2026, le prolongement de l’autoroute 20 demeure envisagé alors que des solutions moins coûteuses, plus efficaces et moins dommageables pour l’environnement existent.


