(Alexandre D’Astous)-Les régions du Québec ont besoin de travailleurs qui choisissent d’y vivre et d’y bâtir leur avenir. Devant la croissance du navettage pour occuper des emplois permanents, la Fédération québécoise des municipalités (FQM) réclame aux partis politiques une Politique nationale d’établissement de la main-d’œuvre en région afin de favoriser l’installation durable des travailleurs et de leurs familles.
 
Selon une étude récente du Centre de formation professionnelle de la Baie-James, l’Abitibi-Témiscamingue, la Côte-Nord et le Nord-du-Québec comptaient 9 538 travailleurs-navetteurs en 2025, une hausse de plus de 25 % depuis 2021. Cette réalité est d’autant plus préoccupante que 65 % d’entre elles et eux occupent un emploi permanent. Le navettage ne peut donc plus être considéré comme une réponse à de simples besoins temporaires de main-d’œuvre.
Le navettage


Le navettage exerce également une pression sur les infrastructures et les services municipaux sans que les programmes gouvernementaux tiennent suffisamment compte de cette population. Il limite par ailleurs l’établissement de travailleurs et de familles dans les communautés d’accueil.
 
« Le navettage peut être nécessaire dans certaines situations, mais il ne doit pas devenir la norme pour les emplois permanents. Si nous voulons des régions vivantes et capables de se développer à long terme, il faut créer les conditions qui favorisent l’établissement des travailleur(-euse)s et de leurs familles », a fait valoir le président de la FQM, maire de Sainte-Catherine-de-Hatley et préfet de la MRC de Memphrémagog, Jacques Demers.
 
La FQM invite les formations politiques à s’engager à :

  • adopter une Politique nationale d’établissement de la main-d’œuvre en région, faisant de l’installation durable des travailleurs une priorité, particulièrement pour les emplois publics permanents;
  • faire preuve d’exemplarité au sein des ministères et organismes du Québec en favorisant le recrutement de personnes qui résident dans les régions où sont situés les emplois;
  • tenir compte des travailleurs-navetteurs dans les programmes d’aide financière aux municipalités, notamment pour les infrastructures et les services;
  • mettre en place des mesures fiscales favorisant l’établissement durable des travailleurs et diminuant le recours au navettage.