(Alexandre D’Astous)-L’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) présente les huit priorités électorales qu’il a soumises aux cinq principales formations politiques.
L’OIIQ propose ainsi une vision pour permettre à la population de recevoir les bons soins, au bon moment et par le bon professionnel, dans une véritable perspective de collaboration interprofessionnelle.
« La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent, nous disait le célèbre Albert Einstein. Si, dans cette campagne électorale, une formation politique ose nous proposer une fois de plus un médecin de famille pour tous… eh bien, j’espère que vous penserez à Einstein! Il est plus que temps de faire le choix de la véritable collaboration interprofessionnelle : un médecin quand c’est nécessaire, mais pas nécessairement un médecin. L’équipe de famille est la solution pour répondre aux besoins à la fois grandissants et de plus en plus complexes », affirme Luc Mathieu, président de l’OIIQ.
Les 8 priorités de l’OIIQ
- Faire des CLSC la véritable porte d’entrée du système de santé.
- Lever les barrières pour une pratique infirmière à son plein potentiel.
- Soutenir activement le déploiement du droit de prescrire des infirmières et infirmiers partout au Québec.
- Créer et déployer le statut d’infirmière clinicienne spécialisée et d’infirmier clinicien spécialisé en soins pour la personne âgée.
- Mettre en place un programme national d’intégration pour la relève infirmière.
- Rétablir l’externat infirmier à l’année et assurer son financement adéquat.
- Poursuivre le déploiement du Dossier santé numérique.
- Mettre en place des ratios sécuritaires en soins infirmiers.
Pour lire le document transmis aux partis : demandes électorales
Le 31 août 2026, la Coalition avenir Québec (CAQ) a repris deux propositions portées par l’OIIQ.
- Soutenir activement le déploiement du droit de prescrire des infirmières et infirmiers partout au Québec.
- Créer et déployer le statut d’infirmière clinicienne spécialisée et d’infirmier clinicien spécialisé en soins pour la personne âgée.
« On se réjouit de voir la CAQ s’engager sur deux propositions portées par l’OIIQ, soit . L’ensemble de nos mesures ont le potentiel d’améliorer rapidement l’accès aux soins et de renforcer l’efficacité du réseau de la santé. J’invite d’ailleurs les autres partis politiques à emboîter le pas et à appuyer nos demandes afin que ces solutions, reconnues par la profession infirmière, puissent se concrétiser au bénéfice de toute la population québécoise », ajoute Luc Mathieu.
Faire de l’accès une priorité nationale
Le Québec doit accélérer la transition vers un système qui dépasse l’hospitalocentrisme et le médicocentrisme en vue d’offrir à chaque personne un accès rapide à une équipe de famille. Pour ce faire, l’OIIQ demande notamment de faire des CLSC la véritable porte d’entrée du système de santé afin d’obtenir plus facilement l’accès aux soins et services de première ligne. Les conditions de succès d’un tel modèle reposent notamment sur un Dossier santé numérique fort et accessible pour un suivi commun, partagé et efficient des données du patient dans le but d’assurer la continuité des soins.
Par ailleurs, l’OIIQ estime essentiel de lever les barrières qui limitent le plein déploiement des compétences infirmières. Encore aujourd’hui, bon nombre d’infirmières et d’infirmiers consacrent une part importante de leur temps à des activités pouvant être assumées par d’autres professionnels, alors que les activités spécifiques aux infirmières et infirmiers demeurent sous-utilisées. Dans la même logique, l’OIIQ réclame un soutien actif au déploiement du droit de prescrire des infirmières et infirmiers partout au Québec – une mesure qui contribuerait à réduire les délais d’accès aux examens et aux traitements tout en réservant l’expertise médicale aux situations les plus complexes.
Miser sur le développement des compétences infirmières
De plus, face au vieillissement accéléré de la population et à la complexification des besoins en soins, le réseau doit pouvoir compter sur une expertise infirmière renforcée en soutien aux soins des aînés. Ainsi, l’OIIQ demande la création et le déploiement du statut d’infirmière clinicienne spécialisée et d’infirmier clinicien spécialisé en soins pour la personne âgée (ICS-PA), une mesure déjà reconnue comme pertinente par le ministère de la Santé et des Services sociaux. Présents à domicile, en première ligne, en milieu hospitalier et en CHSLD, ces ICS-PA contribueraient notamment à une meilleure prestation de soins ainsi qu’à la réduction du recours à l’urgence et de la durée des hospitalisations.
L’OIIQ appelle également à renforcer le soutien à la relève par la mise en place d’un programme national d’intégration pour les infirmières et infirmiers de la relève ainsi que par le rétablissement de l’externat infirmier à l’année, avec un financement adéquat afin d’assurer une bonne intégration à la vie professionnelle.
« Les infirmières et infirmiers sont présents à toutes les étapes du parcours de soins. Lorsqu’on leur permet d’exercer pleinement leurs compétences et qu’on leur donne les outils nécessaires pour le faire, ce sont les patients qui en bénéficient directement par un meilleur accès aux soins, moins de délais, un suivi bonifié et une prise en charge plus efficace », ajouteLuc Mathieu.
Garantir des soins sécuritaires partout au Québec
Au-delà de l’accès, l’OIIQ rappelle que la sécurité des soins doit demeurer au cœur des décisions gouvernementales. Une prestation de soins sécuritaire repose sur une dotation adéquate, adaptée aux besoins réels des patients et fondée sur les connaissances et les compétences appropriées. L’OIIQ estime qu’il est essentiel d’établir des conditions minimales permettant de prévenir les risques et les préjudices évitables, notamment par la mise en place de ratios sécuritaires en soins infirmiers.
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