(Alexandre D’Astous)-Voici une déclaration du chef du Parti Québécois, Paul St-Pierre-Plamondon, à propos de la hausse du coût du panier d’épicerie.
Les Québécois le constatent tous les jours : le panier d’épicerie coûte trop cher. Ce n’est pas étonnant quand on sait que le Canada affiche la pire inflation alimentaire du G7 et que le Québec figure parmi les endroits les plus touchés au monde. Pour une famille de quatre, on parle d’un panier d’épicerie coûtant 27 % plus cher qu’il y a cinq ans. Pour la seule année 2026, la hausse atteindra environ 1 000 $ par famille. La CAQ promettait de « remettre de l’argent dans le portefeuille » des Québécois, mais c’est l’inverse qui s’est produit. Et ce n’est pas une baisse de 1 $ par semaine pour des légumes coupés et des noix salées, comme l’a annoncé en grande pompe Christine Fréchette cette semaine, qui changera la donne. La CAQ a laissé pourrir la situation pendant huit ans.
Le vrai problème du secteur de l’alimentation est sa réglementation lourde, rigide et désuète, qui décourage la concurrence et l’émergence de nouveaux joueurs. Par exemple, certaines clauses permettent encore à un détaillant alimentaire d’empêcher un concurrent de s’installer dans un local qu’il quitte ou dans le complexe qu’il occupe. Le PQ s’est engagé à s’attaquer au nœud du problème afin de faire diminuer le coût du panier d’épicerie. Nous avons proposé plusieurs pistes, notamment l’augmentation de la concurrence dans le secteur en attirant de nouveaux joueurs, en plus de faire le ménage dans les aberrations réglementaires. Je suis conscient qu’il n’y a pas de solution facile et rapide afin de régler ce problème, mais ces solutions sont les seules susceptibles d’avoir un impact à moyen et long terme, beaucoup plus que les bonbons électoraux de Christine Fréchette.
La tarification dynamique
Plus récemment, nous apprenions qu’une nouvelle aberration pourrait s’ajouter : la tarification dynamique. C’est quoi la tarification dynamique, que certains appellent la « tarification de surveillance » ? C’est l’utilisation des données récoltées sur ses clients pour ajuster les prix en temps réel sur les étiquettes électroniques. L’heure où l’achat est effectué, les types de produits préférés, tout est susceptible désormais d’influencer le coût d’une marchandise ou d’un service.
On voit déjà cette pratique dans le secteur hôtelier ou pour la réservation de vol d’avion. Si vous ne savez pas de quoi je parle, faites le test. Allez sur un agrégateur comme Booking ou Google Flight pour vérifier les prix offerts. Fermez la page Internet et retournez-y un peu plus tard. Vous constaterez que les prix ont possiblement augmenté. Grâce à vos données, ces sites sont en mesure de savoir que vous vous intéressez à leur produit et augmentent donc leur prix. Si cela est discutable pour ces secteurs, c’est complètement inacceptable pour les épiceries. La tarification de surveillance n’a rien à voir avec le libre marché. Elle utilise nos données contre nous.
Si nous laissons cela aller, une épicerie pourrait hausser ses prix le dimanche matin parce qu’elle sait que l’achalandage sera plus élevé. Elle profiterait des horaires chargés des familles pour augmenter la facture. On pourrait aussi avoir une augmentation des prix selon le profil d’achat d’une personne. Avec la croissance de l’épicerie en ligne et de la livraison à domicile, la tentation sera grande d’augmenter le prix des produits les plus populaires sans qu’aucune logique de marché ne le justifie. Au Parti Québécois, nous refusons ces pratiques qui risquent d’appauvrir les Québécois.
Un engagement du PQ
Aujourd’hui, j’annonce un nouvel engagement d’un futur gouvernement du Parti Québécois : nous déposerons un projet de loi pour modifier la Loi sur la protection du consommateur afin d’interdire la tarification de surveillance dans les épiceries. Parallèlement, nous nous attaquerons également aux règles désuètes qui limitent la concurrence dans le secteur. La nourriture n’est pas une marchandise comme les autres; c’est un bien de première nécessité.
Par Paul St-Pierre Plamondon, député de Camille-Laurin et chef du Parti Québécois
Photo : Paul St-Pierre-Plamondon (Photo courtoisie)


