(Alexandre D’Astous)-) Dans le cadre de la Semaine de la grève sociale bas-laurentienne, le Centre-femmes Catherine-Leblond de Trois-Pistoles a mené une action collective pour en finir avec les féminicides le 30 avril dernier au parc de l’église, à l’occasion de la Journée des luttes féministes.
Depuis le début de l’année 2026, neuf femmes ont été victimes de féminicide au Québec : Tadjan’ah Désir, Mary Tukalak-Iqiquq, Susana Rocha Cruz, Véronic Champagne, Marie-Kate Ottawa, Sonia Marisela Gonzalez Velasquez, Danielle Lascelles, Katerine Alejandra Mejia Salinas et Hiba Elrhazi.
« On assiste à une recrudescence inquiétante des féminicides au Québec. Trop de femmes ont perdu la vie. Trop de silence. Il est temps d’agir », lance la présidente du Centre-femmes Catherine-Leblond, France Soucy.
« Ces chiffres témoignent d’une violence systémique persistante qui continue de coûter la vie à des femmes, souvent dans un contexte de violence conjugale. Les immigrantes et les membres des communautés LGBTQ sont particulièrement touchées. Derrière chaque statistique, il y a une femme, une histoire, une vie arrachée. Il faut arrêter de tolérer l’intolérable. C’est devenu un problème de société. Pour ce genre d’action, on espère devenir des agents de transformation », poursuit la directrice du Centre, Patricia Larrivée.
Honorer la mémoire des victimes
Pour honorer la mémoire des victimes, le Centre-femmes Catherine-Leblond a réservé neuf chaises au nom des victimes de féminicides, en rappelant qu’elles auraient pu y être assises. Une minute de silence a suivi pour permettre aux gens de se recueillir.
« Parce que chaque vie compte. Parce que ces violences doivent cesser. Parce que le silence n’est plus une option. Plus nous serons nombreuses et nombreux, plus le message portera loin. Faisons du nombre une force. La vie des femmes n’est pas négociable. Elles devraient être assises ici. Ne laissons pas ces gestes devenir normaux ou acceptables », dénonce Mme Larrivée.
Mieux soutenir les maisons d’hébergement
Le maire de Trois-Pistoles, Maurice Vaney, exhorte le gouvernement à mieux soutenir les maisons d’hébergement pour les femmes victimes de violence. « Soutenir ces ressources est une nécessité. Il faut poursuivre la sensibilisation. Cette violence est aussi présente ici. Les féminicides sont une réalité qu’on ne peut plus ignorer. Des vies sont brisées par ce continuum de violence, ancrée dans une société encore trop patriarcale et macho, où l’on tolère le masculinisme. Il faut refuser de banaliser les comportements violents. ».
Photo : Les intervenants qui ont pris la parole lors de l’action collective. (Photo Alexandre D’Astous)
Photo : Les neuf chaises vides au nom des neuf victimes de féminicides depuis le début de l’année 2026. (Photo Alexandre D’Astous)


