(Alexandre D’Astous)-Le député de Rimouski–La Matapédia, incluant La Mitis, Les Basques et la Neigette, Maxime Blanchette-Joncas, demande au gouvernement fédéral d’agir pour soutenir les secteurs de la culture et de l’information au Québec, alors que la situation continue de s’aggraver pour les médias et la culture québécoise.
Alors que les géants du Web captent une part croissante des revenus publicitaires, les médias d’ici voient leurs moyens s’amenuiser. Le député bloquiste demande notamment à Ottawa de rouvrir la discussion sur la place de la publicité à Radio-Canada, d’envisager un meilleur partage des revenus publicitaires liés à ses plateformes et de rétablir la taxe sur les services numériques.
« Cela fait près de 10 ans que le Bloc Québécois sonne l’alarme. Ce sont des milliers d’emplois qui sont en jeu, mais aussi la survie de notre culture. En refusant de rouvrir la discussion sur Radio-Canada et de rétablir la taxe sur les services numériques, les libéraux ferment les yeux sur une crise qui frappe directement les médias et la culture d’ici », déplore Maxime Blanchette-Joncas.
Couverture journalistique réduite
Dans le Bas-Saint-Laurent, cette crise a déjà des conséquences bien concrètes : pertes d’emplois, couverture journalistique réduite et accès plus fragile à l’information de proximité. Les médias régionaux couvrent des enjeux municipaux, agricoles, économiques, culturels et communautaires qui sont souvent absents des grands réseaux nationaux. Quand ces médias s’affaiblissent, la vie démocratique locale s’en ressent.
Entre 2017 et 2023, les stations de radio Énergie et Rouge FM de Rimouski-Amqui ont aboli sept postes, principalement occupés par des journalistes et des techniciens, avant d’être vendues à Arsenal Média. Du côté télévisuel, la station TVA Rimouski est passée de 30 à 8 employés en deux ans. La presse écrite a également été durement touchée, avec la disparition de publications et l’abandon de la distribution porte-à-porte.
Le gouvernement libéral a jusqu’ici refusé d’ouvrir la voie à une diminution du contenu publicitaire diffusé par Radio-Canada. Il a également reculé devant l’administration américaine en juin dernier en abolissant la taxe sur les services numériques, qui devait générer plus de 7 milliards de dollars sur cinq ans en taxant les grandes entreprises du numérique.
Pour le Bloc Québécois, Ottawa doit cesser de fermer la porte à des solutions et reconnaître l’urgence d’agir pour soutenir la culture et l’information au Québec.
Médias et culture en crise
« Le monde des médias et de la culture est en crise, et il est temps de cesser d’écarter des solutions avant même d’en discuter. Ottawa doit accepter de revoir le mandat de Radio-Canada, notamment la place qu’y occupe la publicité et la façon dont les revenus publicitaires liés à ses plateformes pourraient être mieux partagés. Il doit aussi rétablir la taxe sur les services numériques et redistribuer ces revenus aux secteurs qui subissent les contrecoups des géants du Web. La culture québécoise et le droit à une information locale sont en jeu. Ottawa n’a plus le luxe de rester les bras croisés », conclut Maxime Blanchette-Joncas.
Photo: Maxime Blanchette-Joncas lors d’une entrevue. (Photo courtoisie)


