(Alexandre D’Astous)-Dans la foulée de récentes prises de parole sur l’accès aux soins de de santé proximité dans La Mitis, le Club des 50 ans et plus de Mont-Joli et le Comité des usagers et de résidents de La Mitis font part, à leurs tours, des réalités vécues par leurs membres en matière d’accès aux soins et services de santé.
Cette prise de parole survient dans un contexte où plusieurs préoccupations ont été exprimées au cours des dernières semaines, notamment par les élus de la MRC de las Mitis et des organisations du réseau de la santé, à la suite de la modification des heures d’ouverture de l’urgence mineure du Centre hospitalier de La Mitis les fins de semaine.
Aînés et personnes vulnérables
Du côté du Club des 50 ans et plus, les enjeux d’accessibilité aux services de santé prennent une dimension particulière pour les personnes aînées, mais aussi pour les personnes en situation de vulnérabilité. « Pour plusieurs personnes aînées, l’accès aux soins de proximité est directement lié à leur capacité de demeurer autonomes et en sécurité dans leur milieu de vie. Lorsque les services sont plus difficiles d’accès, que ce soit en raison de la distance ou du transport, cela devient un enjeu bien concret au quotidien », souligne Jean-Guy Dionne, président du Club des 50 ans et plus de Mont-Joli et président du secteur Mitis.
« Cette réalité touche également des personnes plus vulnérables, pour qui les déplacements peuvent représenter un obstacle important. Se rendre à un service de santé n’est pas toujours simple, surtout lorsqu’il faut dépendre d’un proche ou parcourir de longues distances. Dans certains cas, cela peut même amener des gens à retarder ou à éviter de consulter », ajoute M. Dionne.
Des impacts concrets pour les usagers
Le Comité des usagers et de résidents de La Mitis, dont le rôle est de promouvoir les droits et les intérêts des usagers, constate que les changements récents dans l’offre de services entraînent des répercussions bien réelles pour la population.
« Nous recevons des témoignages de personnes qui se présentent pour obtenir des soins et doivent rebrousser chemin, de familles pour qui les déplacements deviennent plus complexes, ou encore de personnes qui hésitent à consulter en raison de la distance et des contraintes associées. Ces situations soulèvent des préoccupations importantes quant à l’accessibilité aux soins », souligne Isabelle Tremblay, présidente du Comité des usagers et de résidents de La Mitis.
Ces réalités touchent particulièrement les personnes en situation de vulnérabilité, les jeunes familles ainsi que les citoyens n’ayant pas facilement accès à un moyen de transport. « La modification des heures d’ouverture de l’urgence amène un défi supplémentaire, tant au point de vue de la santé physique, mentale ainsi que certains enjeux d’accompagnement et financiers, dus entre autres à la nécessité de transport », ajoute Mme Tremblay.
La présidente rappelle que les usagers disposent de droits fondamentaux, notamment celui d’être informés adéquatement sur les services disponibles et sur la manière d’y accéder. Elle souligne également l’importance de maintenir des services de santé accessibles, à proximité des milieux de vie, afin de répondre aux besoins de l’ensemble de la population.
Mobilisation en cours
Les représentants du Comité des usagers et du Club des 50 ans et plus interpellent le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent pour qu’une démarche concertée de recherche de solutions voie le jour dans La Mitis.
« Nous apportons notre soutien aux démarches entamées par les élus de La Mitis visant à mieux documenter les besoins de la population en matière d’accessibilité aux soins et services de santé sur le territoire et nous invitons pour cela la population à transmettre ses commentaires à avenirsante@mitis.qc.ca. Nous appuyons également les actions en cours des différents syndicats du réseau de la santé et des services sociaux du Bas-Saint-Laurent mobilisés pour l’urgence de Mont-Joli », affirment Isabelle Tremblay et Jean-Guy Dionne.
Depuis le 17 janvier dernier, l’urgence mineure de l’hôpital de Mont-Joli ferme ses portes à 16 h au lieu de 20 h les samedis et les dimanches, en raison de l’absence de médecins disponibles.
Photo : L’hôpital de Mont-Joli. (Photo Alexandre D’Astous)


