(Alexandre D’Astous)-Le Bloc Québécois a déposé le 9 février une nouvelle version de son projet de loi afin de corriger une injustice : les personnes âgées de 65 à 74 ans reçoivent une pension de la Sécurité de la vieillesse inférieure de 10 % à celle versée aux 75 ans et plus. Ce choix pénalise directement des milliers de retraités du Bas-Saint-Laurent.
« Être âgé de 70 ans ne rend personne moins digne de vivre décemment. Pourtant, Ottawa impose une pénalité de 10 % à des gens qui font face aux mêmes hausses de prix que tout le monde. C’est inacceptable », dénonce le député de Rimouski–La Matapédia incluant La Mitis, Les Basques et la Neigette, Maxime Blanchette-Joncas.
Dans le Bas-Saint-Laurent, les conséquences sont bien réelles. Près de 30 % de la population est âgée de 65 ans et plus. Dans une région où les revenus sont souvent plus modestes, une réduction de 10 % de la pension représente plusieurs centaines de dollars par année, soit moins d’argent pour l’épicerie, le logement, l’essence ou les médicaments.
Pas de marge de manoeuvre
« Les aînés d’ici n’ont pas de marge de manœuvre. Perdre quelques centaines de dollars par année, c’est devoir faire des choix difficiles, parfois au détriment de besoins essentiels », ajoute le député.
Cette décision a aussi des répercussions économiques. Plus d’un million de Québécois seraient touchés par cette mesure, et chaque dollar versé aux retraités est dépensé localement, dans les commerces et les services de proximité, soutenant directement l’économie des communautés.
Deux classes d’aînés
Le projet de loi du Bloc Québécois vise à accorder aux aînés de 65 à 74 ans la même bonification de la Sécurité de la vieillesse que celle consentie aux 75 ans et plus, mettant ainsi fin à deux classes d’aînés. Le gouvernement fédéral a choisi de maintenir cette distinction.
Rappelons que lors de la dernière législature, le projet de loi C-319, identique à celui déposé aujourd’hui, avait obtenu l’appui unanime en comité. Il n’a toutefois jamais pu être adopté, faute de volonté politique à Ottawa.
« Le Bloc Québécois ne lâchera pas. Tant que les aînés de 65 à 74 ans seront traités comme des citoyens de seconde zone, nous continuerons de nous battre pour qu’ils obtiennent l’équité et le respect auxquels ils ont droit », conclut l’élu bloquiste.
Photo : Maxime Blanchette-Joncas à la Chambre des communes le 27 janvier dernier. (Photo courtoisie)


