(Alexandre D’Astous)-S’exiler pour se redécouvrir, se renouveler : ce n’est pas à la portée de tous et ça vient avec son lot d’incertitudes et d’ambiguïtés, mais reste que ça peut faire le plus grand bien. Et, c’est précisément pour ça que Marco Ema, qui sera en spectacle le 13 mars aux Bains publics de Rimouski et le 14 mars à la Baleine endiablée de Rivière-Ouelle, a pris cette décision-là pour son 3e album.
Suite au drame évoqué dans son album précédent Anyway, Mommy Love, l’artiste entame une reconstruction : peu à peu, il colle les acquis pour former une nouvelle réalité, dont le cœur se trouve dans la chanson Soleil mâché, « qui est un peu justement un cœur bricolé en forme de soleil fragile qui est là pour [le] réconforter de façon incertaine. »
Une part d’ombrages
Un nouveau départ comporte sa part d’ambages, et la pièce éponyme de ce troisième disque le reflète bien : « Cette chanson a longtemps été énigmatique pour moi. Je ne savais pas de quoi elle parlait ou je crois que je me fermais les yeux sur le sujet. C’est une chanson que j’ai écrite en 20 minutes en fixant des photos d’enfance sur le frigo. C’est une chanson sur le deuil et sur la nostalgie. Une chanson sur le vide que la mort d’un parent fait. L’image du soleil en papier mâché, c’est de bricoler son propre bonheur, de bâtir une belle sculpture joyeuse, mais imparfaite. Elle est donc fragile comme cette armure que je me reconstruis. » Cette sculpture est devenue pour lui un repaire, qui a été central à cette mouture de 11 chansons. »
Marco Ema cherchait des chansons qui respirent davantage, plus brutes, plus franches, avec un élan nouveau. Il a donc réuni ses proches, en plein cœur des bois du studio Wild, pour façonner un album aux confluences de nature et d’amitié, « un album DIY fait avec le plus d’ambition possible ». Il y explore la beauté du quotidien, les rencontres fortes et éphémères, les frustrations et le laisser-aller, l’amour sous toutes ses formes, la vulnérabilité et les souvenirs qui persistent.
Un rock plus assumé
Musicalement, Marco Ema élargit les contours de sa signature pour en faire un journal intime sonore, lucide et complice. Sa pop décontractée se frotte à un rock plus assumé, au service des chansons qui parlent à une génération mêlée, réconciliant le doute, le rire et la beauté dans ce qui craque un peu… sans jamais prétendre avoir les réponses.
Spectacles
- 27 février : Cité polaire – Val-d’Or
- 11 mars : Le Minotaure – Gatineau
- 13 mars : Bains publics – Rimouski
- 14 mars : La Baleine endiablée – Rivière Ouelle
- 27 mars : Bain Mathieu – Montréal (Première)
- 28 mars : Grizzly Fuzz – Québec (Première)
- 8 mai : Garage à Simon (Café Culturel de la Chasse-Galerie) – Lavaltrie
- 22 mai : Beat et Betterave – Frelighsburg
- 18 septembre : Le Zaricot – St-Hyacinthe
Photo : Marco Era (Photo courtoisie)


