(Alexandre D’Astous)-Le Réseau SOLIDARITÉ Itinérance du Québec (RSIQ) demande que les sommes affectées temporairement au Plan de réponse communautaire aux campements (PRCC) soient reconduites d’ici au 1er avril 2026. Ainsi, elles devraient être ajoutées au programme Vers un chez-soi qui s’inscrit dans la Stratégie nationale sur le logement et pour lequel une entente existe déjà avec le Québec.
Une crise de l’itinérance existe toujours et le secteur communautaire ne peut mettre en place des solutions efficaces en collaboration avec les gouvernements sans financement adéquat et prévisible.
Une inquiétante disparition
« Le PRCC permettait à nos membres d’investir selon les besoins identifiés localement dans l’aménagement de refuges ou de logements tout comme dans les services de prévention et d’orientation ou de soutien à la clientèle. Cependant, la crise continue de s’accentuer et ces sommes indispensables disparaissent sans être reconduites. Ce financement n’était pas un luxe : pour faire un parallèle avec le domaine de la santé, nous devrons fermer des lits qui existent déjà si le personnel de soutien, lui, n’est plus financé. », explique Boromir Vallée Dore, directeur général du RSIQ.
La disparition du PRCC à partir du 1er avril 2026 retirera 25 millions de dollars de financement par année au Québec, alors que le rapport d’énumération de juillet 2025 démontre une augmentation de 303 % de l’itinérance dans les lieux extérieurs au Canada depuis 2018.
Une démarche commune pour protéger les plus vulnérables
Le RSIQ a interpellé individuellement chacun des 78 députés fédéraux du Québec en collaboration avec ses membres pour faire connaître les impacts régionaux qui affecteront toute la province. La démarche actuelle est également appuyée par la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador (CSSSPNQL), le Regroupement des organismes communautaires québécois pour le travail de rue (ROCQTR), la Société Élizabeth Fry du Québec et la Table régionale des organismes communautaires et bénévoles de la Montérégie (TROC-Montérégie).
Le RSIQ rappelle que c’est en continuant d’empêcher les personnes de se retrouver à la rue et en soutenant adéquatement les organismes communautaires que nous pourrons prévenir et réduire significativement l’itinérance au Québec.
Un financement fédéral toujours essentiel (quelques chiffres)
Au Québec, ce sont 171 organismes communautaires et plus de 3 000 personnes qui perdront directement leur soutien. Les services menacés incluent :
• 296 places de refuge d’urgence
• 435 places d’hébergement de transition
• 65 places de logement permanent supervisé
• Le travail de proximité dans les campements
• Le soutien personnalisé aux personnes dans le besoin
Les conséquences seront dévastatrices :
• Aggravation de la précarité et rupture du suivi psychosocial
• Diminution de l’accès aux services de base et hausse des situations de crise
• Pression accrue sur le système de santé et les services d’urgence
• Rupture du lien de confiance si difficilement établi avec les personnes vulnérables
Un sondage réalisé par le Réseau SOLIDARITÉ Itinérance du Québec en novembre dernier auprès de ses membres, rapporte que 86 % des organismes n’ont toujours pas réussi à identifier de source alternative de financement pour compenser ces coupures et maintenir les services.


