(Alexandre D’Astous)-Le député de Rimouski–La Matapédia, incluant La Mitis, Les Basques et la Neigette, Maxime Blanchette-Joncas, déplore vivement l’annonce du premier ministre Mark Carney concernant un nouvel oléoduc qui exporterait 1,3 million de barils de pétrole par jour, sans le consentement de la Colombie-Britannique ni des Premières Nations.
« Mark Carney montre qu’il est prêt à imposer un agenda pétrolier à tout prix. On assiste à un mépris des institutions et à un contournement des lois pour faire avancer un projet entièrement tourné vers l’industrie pétrolière », déplore-t-il.
Le député rappelle que Carney renie ses propres engagements internationaux. Comme ex-envoyé spécial de l’ONU pour l’action climatique, il affirmait que « la plupart des réserves fossiles doivent rester dans le sol ». « Aujourd’hui, il fait l’inverse, au point où l’on peut se demander s’il n’y a pas, au sein même du Parti libéral, des responsables qui nient carrément les changements climatiques, ou que la crise climatique n’est tout simplement pas une priorité pour eux. Cette incohérence soulève de sérieuses questions sur l’influence réelle de l’industrie pétrolière », rétorque Maxime Blanchette-Joncas.
Démission de Steven Guilbeault
La démission de l’ex-ministre de l’Environnement Steven Guilbeault, survenue après l’approbation de ce projet, vient selon lui confirmer l’ampleur du problème. « Celui qui voulait changer les choses de l’intérieur quitte, et son départ confirme qu’un État pétrolier est impossible à réformer de l’intérieur. Ottawa a étouffé son propre ministre pour protéger l’industrie. Le vernis environnemental du gouvernement vient de tomber », déplore-t-il.
Il rappelle que le Québec a déjà dû se mobiliser pour bloquer un pipeline. « Énergie Est a été stoppé grâce à une mobilisation citoyenne exceptionnelle. Nous mènerons le même combat et nous ne laisserons pas Ottawa imposer un autre oléoduc au Québec », affirme Maxime Blanchette-Joncas.
Le député critique aussi que le gouvernement Carney instrumentalise la crise commerciale pour accélérer le développement pétrolier. « Pousser un pipeline de sables bitumineux parmi les plus polluants au monde, sans tenir compte des objections de la Colombie-Britannique et des communautés autochtones, c’est irresponsable. Et en l’absence de promoteur privé, ce sont des milliards publics, incluant ceux des Québécois, qui paieraient », déplore-t-il. Il voit également une continuité inquiétante avec les décisions antérieures d’Ottawa : « Après les 34 milliards investis dans Trans Mountain, le Parti libéral démontre encore sa complaisance envers l’industrie pétrolière, souvent au bénéfice direct de l’entourage du premier ministre », ajoute-t-il.
Enfin, il appelle à réorienter les investissements vers les secteurs d’avenir : « L’électricité propre, les bâtiments carboneutres, l’électrification des transports et l’innovation : c’est là que se trouvent les emplois durables. Le Québec mérite mieux qu’un gouvernement qui recule en environnement », conclut-il.
Photo : Maxime Blanchette-Joncas à la Chambre des communes le 19 novembre dernier. (Photo courtoisie)


