(Alexandre D’Astous)-Dans le contexte où les besoins des groupes communautaires ne font que s’accroître, la Table des regroupements provinciaux d’organismes communautaires et bénévoles est déçue de constater que, fidèle à son habitude, la mise à jour économique ne tient pas compte de cette réalité.
D’un même souffle, elle exprime ses attentes envers le gouvernement et le ministère de la Santé et des Services sociaux en particulier pour le dernier budget du présent mandat de la Coalition Avenir Québec.
Par sa mise à jour économique, le gouvernement accorde, encore une fois, sa faveur aux entreprises et laisse pour compte les groupes communautaires. « Les groupes communautaires contribuent pourtant aussi à faire rouler l’économie, notamment en employant au moins 54 000 personnes et en en soutenant plus de 2,25 millions », souligne Mercédez Roberge, coordonnatrice de la Table.
Absence de rehaussement
Le 21 octobre dernier, le Conseil du trésor a demandé à chaque ministère de faire le point. Cet exercice a permis au gouvernement de disposer du portrait des subventions qu’il accorde. « En conséquence, l’absence de rehaussement pour les groupes communautaires dans la présente mise à jour économique signifie que le gouvernement considère que 255 000$ par année, c’est suffisant pour des organismes comme des maisons des jeunes ou des centres de femmes, pour ne donner que deux exemples », déplore Karine Robinette, membre du comité de coordination de la campagne CA$$$H (Communautaire autonome en santé et services sociaux – Haussez le financement!).
Depuis plusieurs années, les organismes communautaires autonomes du domaine de la santé et des services sociaux (OCASSS) revendiquent l’ajout de 1,7G$ à l’intention de plus de 3000 groupes pour rehausser l’enveloppe pour la mission globale du Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC). Pour l’année 2024-2025, celle-ci n’était que de 924 M$. Ils demandent également que la valeur du programme soit maintenue par l’application d’une indexation basée sur l’Indice des coûts de fonctionnement du communautaire (ICFC).
Un montant substantiel requis
« En prévision du budget de 2026, la Table et ses membres demandent à la ministre responsable des Services sociaux, Madame Sonia Bélanger, de convaincre son collègue du ministère des Finances qu’un montant substantiel est requis. Ces deux dernières années, son gouvernement n’a ajouté que 9M$ suivi de 10M$. Pire encore, pour que ce maigre montant soit totalement distribué selon les règles du PSOC, il a fallu mettre en demeure son ministère, ainsi que le Conseil du trésor, ce qui est aberrant », s’insurge Stéphanie Vallée, présidente de la Table.
Les OCASSS attendent depuis trop longtemps que le financement à la mission globale du PSOC soit rehaussé. Le budget 2026 sera l’opportunité de véritablement répondre aux besoins des groupes afin que ceux-ci continuent de soutenir la population du Québec comme ils le font si bien. Le gouvernement doit à tout prix injecter des sommes significatives. C’est son ultime occasion de démontrer, avant le test des prochaines élections, son humanité envers des ressources dont il vante les bienfaits.


