(Alexandre D’Astous)-L’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) constate la présence de plusieurs freins au déploiement du plein potentiel des compétences infirmières. L’OIIQ soutient que, en moyenne, 40 % des activités exercées par ses 86 000 membrespourraient être effectuées par un autre collègue au sein du réseau, comme une infirmière auxiliaire, un préposé aux bénéficiaires ou encore un technicien administratif.

Une révision majeure de la collaboration interprofessionnelle pourrait certainement contribuer à améliorer la fluidité et l’efficacité de la première ligne, tout en permettant une coopération accrue avec les médecins.

« Le Québec n’a jamais compté autant d’infirmières et d’infirmiers. Imaginez maintenant si on les utilisait à leur plein potentiel ? », suggère Luc Mathieu, président de l’OIIQ.

Collaboration interprofessionnelle

La mise en place de Santé Québec serait un atout considérable pour le déploiement d’une nouvelle collaboration interprofessionnelle. En effet, les blocages à la collaboration sont notamment d’ordre organisationnel et varient d’un établissement de santé à l’autre. Par exemple, deux hôpitaux comparables servant des populations comparables ne permettront pas aux infirmières et infirmiers d’exercer leur travail de la même façon et avec la même autonomie professionnelle. Plus encore, au cours d’une même journée, le personnel infirmier de jour aura un certain niveau d’autonomie, celui de soirée en aura davantage, alors que celui de nuit bénéficiera d’encore plus d’autonomie. Il s’agit pourtant du même personnel et des mêmes patients.

« Je veux être clair : je ne demande pas aux infirmières d’en faire plus. Elles en font déjà beaucoup, peut-être même trop! Ce que je souhaite, c’est qu’on ait une réelle réflexion sur les obstacles qui empêchent de tirer le meilleur de toutes leurs compétences, et ce, au bénéfice des patients. À l’heure actuelle, laissez-moi vous dire que la population n’en a pas pour son argent en matière de soins infirmiers! Elles disposent des compétences et de la formation nécessaires; il s’agit maintenant de leur offrir les conditions d’exercice propices pour mettre pleinement en valeur leur savoir-faire. Cela libérerait du temps pour que les infirmières puissent avoir une contribution à valeur encore plus ajoutée dans le réseau », explique Luc Mathieu, président de l’OIIQ.

Remise en question des pratiques établies

Cette révision majeure de la collaboration interprofessionnelle repose sur la remise en question des pratiques établies, la clarification des rôles et responsabilités de chaque professionnel de la santé ainsi que l’identification collective de stratégies de gestion pour mieux répondre aux besoins des patients et de leurs familles.

« Je sais que d’autres professions de la santé ont également soif d’une meilleure collaboration et d’une meilleure utilisation de leur champ d’exercice. Je suis convaincu que cette conversation pourrait nous mener à une réelle amélioration de la fluidité et de l’accès aux soins, si nous avons collectivement le courage de remettre en question le statu quo », résume M. Mathieu.

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