(Opinion du lecteur)-La santé des citoyens du Bas-Saint-Laurent ne vaut-elle pas un service 24/7, Monsieur le Ministre?

Tout d’abord, permettez-nous de revenir sur la rencontre du 2 octobre dernier, à l’Assemblée nationale, concernant le maintien de notre urgence au CLSC de Pohénégamook.

Vos propos nous ont, jusqu’à un certain point, rassurés. Un certain point seulement. Aujourd’hui, il faut se rendre à l’évidence que malgré nos échanges et nos démarches, les rumeurs de diminution des heures d’ouverture de l’urgence au CLSC de Pohénégamook persistent et l’inquiétude de la population ne fait que grandir.

En créant Santé Québec, vous avez promis aux Québécois un accès à des soins de proximité efficaces, fluides, humains et performants, et ce, pour toutes les régions du Québec. Pourtant, notre sentiment et celui de la population est que le compte à rebours de la fermeture de notre urgence est enclenché et vous seul pouvez l’arrêter!

Avons-nous vraiment besoin de vous le rappeler?

  • La loi, VOTRE loi, vous donne le pouvoir de trancher et d’assurer un service aussi essentiel qu’une urgence pour une communauté éloignée et pourtant dynamique comme la nôtre.

  • Notre territoire se situe à plus de 55 kilomètres des centres hospitaliers les plus proches. Je vous laisse imaginer les déplacements pour une urgence vitale, particulièrement dans nos montagnes où l’hiver n’est pas une blague mais une réelle menace pour la sécurité.

Nous avons fait nos devoirs. Nous avons interpellé votre collègue ministre du Tourisme et qui est notre députée, madame Amélie Dionne, sans résultat concret. Nous nous sommes déplacés à Rimouski pour rencontrer et échanger avec le Dr. Jean-Christophe Carvalho. Et la réponse du CISSS se fait toujours attendre. Nous avons investi notre temps, notre énergie et notre argent pour venir à l’Assemblée nationale au printemps et tout récemment au début du mois d’octobre. Nos démarches sont claires : nous demandons simplement le maintien au CLSC de Pohénégamook d’un service d’urgence 24 heures par jour, 7 jours par semaine (24/7) qui soigne et sauve des vies.

Des Québécois à part entière

Pourtant, nous sommes Québécois à part entière. Comme vous, Monsieur le Ministre, nous payons des taxes et des impôts au même titre que tous les citoyens du Québec. Nous avons droit aux mêmes services de proximité. Cessons de voiler la vérité…ce traitement qui nous est infligé, sème l’idée qu’il existerait, pour le gouvernement en place, deux catégories de citoyens : ceux des grands centres et ceux des régions éloignées. Et nous sommes convaincus que les communautés de La Pocatière et de Trois-Pistoles, pour ne nommer que celles-ci, seront en parfait accord avec nos propos.

Nos enfants, petits-enfants, parents et grands-parents ne sont pas des usagers de deuxième zone. Cette incertitude a des conséquences réelles sur notre quotidien : elle mine le moral du personnel de notre urgence. Les médecins et infirmières s’inquiètent et songent à un plan B, soit quitter.

Nous comptons sur vous, Monsieur le Ministre, pour décider du maintien de notre urgence médicale 24/7, et ce, malgré les recommandations contraires des fonctionnaires qui malheureusement, disons-le clairement, sont trop souvent loin des réalités territoriales comme la nôtre, à Pohénégamook, au Transcontinental et au KRTB!

Qu’allez-vous choisir : la position dictée par vos fonctionnaires ou l’intérêt de la santé physique et mentale de la population de Pohénégamook et de ses environs?

Par Gilles Pelletier
Coordonnateur du comité MDSMU24/7

Photo : Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé. (Photo Facebook)