Photo: Alain Forget, le guide pour découvrir l’église de Sainte-Rita et ses reliques – (Texte et photos Marjolaine Jolicoeur ) – Vers 1930, le premier curé résident de la paroisse de Sainte-Rita, Alexis April, se procura quelques reliques : particules de la croix de Jésus et d’une épine de sa couronne, fragment du voile de Marie et d’un tissu ayant appartenu à Saint-Joseph, particule de Sainte-Anne ainsi que des parcelles d’os de Saint-Jean-de-Brébeuf.

« Le curé April a obtenu  une dizaine de reliques pour la somme de 20 $ », explique Alain Forget en nous guidant dans l’église de Sainte-Rita.

Les reliques reposent dans des médaillons parfois ronds et ovales de couleur argent et or, avec le nom du saint qu’elles représentent; celle de la croix consiste en un infime éclat de bois. En ouvrant délicatement les reliquaires, M. Forget montre, à l’endos de certaines d’entres elles, un sceau de cire rouge ainsi qu’un fil de la même couleur. Sur la relique dédiée à Sainte-Rita, l’année 1930 est inscrite.

Patrimoine religieux

C’est afin de souligner le 80e anniversaire de la construction de l’église, qu’on a sorti de l’oubli ces reliques qui furent l’objet de beaucoup de dévotion de la part des fidèles ritois.

Une aînée de la paroisse, Suzanne Lauzier, se souvient : « Lors de la fête de Saint-Joseph, par exemple, nous étions invités à embrasser la vitre derrière laquelle se trouvait la relique », nous a-t-elle dit.

Ces célébrations comportaient des rituels très codifiés, avec génuflexions, cierges allumés, encens, hymnes et processions, selon la Discipline diocésaine publiée en 1879 et rééditée en 1937.   La fabrication des reliques incombait aux religieuses carmélites et augustines d’Italie et de France, ce qui est d’ailleurs toujours le cas de nos jours. Une Fête des reliques a même été instituée le 5 novembre.

La dévotion populaire envers les reliques est mondiale : on n’a qu’à penser à Sainte-Anne-de-Beaupré où se trouve un doigt et un avant bras de la sainte, au cœur du Saint-Frère-André, aux reliques de Saint-Pierre au Vatican ou à celles de Saint-Jacques à Compostelle.

Il serait intéressant de dénombrer la quantité de reliques dans le Bas-Saint-Laurent puisque le premier évêque de Rimouski Mgr Jean Langevin (1821-1892), lors de trois voyages à Rome, a rapporté de nombreuses reliques de saints qu’il a distribuées à presque toutes les paroisses et les communautés de son diocèse, peut-on lire dans Notes biographiques de Jean Langevin.

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À Jérusalem

Ce culte des reliques remonte aux premiers siècles du christianisme.  Celle de la croix de Jésus – dite relique de la Vraie croix – fait l’objet d’une vénération particulière. C’est Hélène, mère de l’empereur Constantin qui au IVe siècle, en 326, l’aurait trouvé  à Jérusalem avec d’autres objets de la Passion de Jésus, comme sa couronne d’épines.  La croix fut  fragmentée, envoyée à Rome  et à Constantinople; un fragment sera conservé à  l’église du Saint-Sépulcre, à Jérusalem.

Par la suite, des reliques de la croix se retrouveront dans une multitude de pays  où elles auront des fonctions religieuses mais aussi politiques et économiques, en générant notamment des pèlerinages.

Pour justifier un si grand nombre de reliques de la croix – ou de celles venant de saints –  certains suggèrent que les reliques étaient considérées comme telles dès lors qu’elles avaient été elles-mêmes en contact avec des reliques, ce qui peut multiplier à l’infini leur nombre!

À Sainte-Rita

Les reliques acquises par le curé Alexis April sont authentifiées par un certificat et un sceau épiscopal.  En réponse à notre interrogation sur leur provenance, le responsable des archives diocésaines de l’archevêché de Rimouski, Sylvain Gosselin, mentionne que les reliques étaient normalement demandées à Rome. Ne pouvant être achetées, le curé April a cependant dû défrayer des frais pour couvrir l’émission des certificats d’authenticité.

Même si ces certificats d’authenticité furent émis par l’évêque de Caserte en Italie, Gabriele Natale Moriondo, dominicain et par Joseph-Romuald Léonard, évêque de Rimouski, « il faut considérer avec beaucoup de circonspection toutes les reliques en circulation, surtout les plus anciennes, mêmes celles qui sont munies d’un certificat d’authenticité », nous dit M. Gosselin.

Alors, vraies ou fausses ces reliques de l’église de Sainte-Rita? La question demeure ouverte.

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Une exposition sur la sainte des causes désespérées

 L’exposition Des abeilles aux roses,  relate le parcours de Sainte-Rita, la sainte des causes désespérées, qu’on nomme aussi la sainte des impossibles.

Présentée dans la sacristie de l’église de Sainte-Rita, elle propose de nombreux objets de culte consacrés à la sainte, des panneaux d’information et une relique de cette sainte italienne née en 1381 et morte en 1457. On peut y acheter des chapelets, des médailles, des lampions à l’effigie de Sainte-Rita et même du miel à la rose.

Les abeilles symbolisent une légende selon laquelle, lorsque la sainte était bébé, un essaim d’abeilles blanches vinrent lui poser du miel dans la bouche, sans lui faire mal.

Sainte-Rita est souvent entourée de roses car, sur son lit de mort, en plein hiver, elle demanda qu’on aille cueillir une rose qui avait poussé sous la neige. C’est en souvenir de cet épisode de sa vie que chaque année, le 22 mai, on fait bénir des roses pour les porter à des parents ou des malades.

Le corps intact de la sainte repose à la basilique Sainte-Rita, érigée à Cascia en Italie, près du monastère des soeurs augustiniennes de Marie-Madeleine où elle fut religieuse.  On raconte de multiples guérisons miraculeuses  survenues près de sa tombe ou lorsqu’elle est invoquée … quand sait plus à quel saint se vouer!

En mai 2017, pour la 3e fois en 60 ans, le corps de Sainte-Rita fut sorti de son enclos de verre et on rapporte qu’un parfum de rose embauma tout le sanctuaire. On dit d’ailleurs que chaque fois qu’un miracle est accompli dans le monde grâce à Sainte-Rita,  un parfum de rose se répand dans tout le sanctuaire de Cascia.

L’exposition Des abeilles et des roses a accueilli durant l’été bon nombre de visiteurs de l’extérieur. Elle peut être visitée jusqu’à la fin de l’année, en prenant rendez-vous au  514 434-7858 ou  au 418 963-2967.

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