(Opinion du lecteur)-L’année dernière, Hydro-Québec a annoncé son plan pour un axe de pylônes dans les Appalaches… mais ce n’était que la pointe de l’iceberg. Ce développement ouvre grand la porte de la sud du Québec à l’éolien. Malgré que plusieurs projets ne sont encore que sur papier, les impacts sur la démocratie et sur la santé de la population est déjà bien réel et senti chez une diversité de citoyens des régions rurales.
Des infrastructures industrielles massives comme des éoliennes (210 mètres de haut) et des pylônes changeraient le territoire drastiquement. La vue ; les paysages millénaires défigurés; difficile de voir autre chose que cela, autant le jour que la nuit avec les lignes de clignotants envahissants l’horizon. L’ouïe ; des sons et ultrasons omniprésents dans notre habitat. Aussi notre sentiment de sécurité est affecté quand ces pâles tournent et peuvent projeter des glaces pendant l’hiver. La norme canadienne reconnue et établie (qui est respecté dans le parc du Massif du Sud) demande des distances sécuritaires avec des usagers des terrains proches. Le règlement prévu dans Bellechasse ne respecte pas cette norme nationale…pour ne pas restreindre la possibilité de développement…
Les gens se posent la question…est-ce que cela va être chez moi, près de chez moi ? Et cette question peut rester en suspens pour des années. Ce sont des années de stress imposées sur les populations rurales…pour permettre ; de fournir une demande grandissante des centres de données, à des industrielles de s’enrichir et à quelques propriétaires et municipalités d’avoir des redevances. C’est l’argent avant la santé physique, et surtout mentale, des populations qui doivent déjà composer avec les stress de l’industrialisation, maintenant et pour des décennies, même avant une pelleté de terre.
Manque de transparence
Une autre source de stress et désillusion est le manque de transparence et de processus démocratique effarant par les instances municipales et les MRC. Dans la MRC de Bellechasse récemment, on a tenté d’adopter un règlement à la va-vite sans même permettre aux citoyens de se prononcer, d’être consulté, d’être écouté. Un nombre critique de citoyens d’une multitude de villages, d’âges et d’occupation et de préoccupations se sont présentés, et aucun espace d’écoute n’a été offert avant la prise de décision, Seule une courte période de “question” a eu lieu une fois tout décidé… cela nourrit la constatation que nos institutions locales sont dépassées et inefficaces dans ce genre de situations qui demandent une consultation, des réflexions et une écoute beaucoup plus large et habile. Les élus de nos petites régions font sûrement de leur mieux avec peu de ressources, de temps et d’expérience dans des consultations ayant autant d’impacts sur une région. D’ailleurs ils sont peut-être même victimes de ces demandes continuelles des développeurs et des ministères. C’est un débat de société, provincial, qu’il faut, et non des prises de décision à la va-vite par des élus dépassés et sur-travaillés au niveau municipal.
Ce manque d’écoute et d’empathie envers les préoccupations des citoyens mine réellement la confiance et le bien-être des populations dans leur localité. La présence d’éolienne et aussi le processus défaillant municipal est loin d’être attractif pour de nouveaux résidents. De plus, cela ne favorise aucunement la rétention des populations quand des processus décisionnels ayant des impacts si importants pour nos vies sont bâclés, si rapidement, sans le consentement populationnel.
Quand des agriculteurs, des docteures, des mères et pères de familles, des ainés, des enseignants, des entrepreneurs, etc ; nomment leurs questions et posent des demandes claires et ne sont pas écoutés, comment voulez-vous créer des sentiments de sécurité, d’inclusion et de respect ? Comment voulez-vous encourager les gens à rester et s’investir dans ces communautés ?
La MRC de Bellechasse a justifié cette urgence par l’appel d’offre d’Hydro-Québec que la MRC ne veut pas « manquer ». Comment peut-on presser ce processus dans une vision à si court terme, quand les impacts de santé, de bien-être, d’attrait et de rétention des populations demande des visions à long terme.
MRC de Matawinie
Quant aux MRC et municipalités, elles peuvent s’inspirer de la MRC de Matawinie qui vient de prendre une position responsable en ne participant pas à l’appel d’offres d’énergie éolienne d’Hydro-Québec en février 2027. La MRC de Matawinie en Lanaudière a déclarée en fin octobre : « …afin d’assumer notre leadership et pour évaluer et guider le développement potentiel des énergies renouvelables, une orientation doit être définie avant d’appuyer un projet. Notre priorité demeure l’intérêt collectif, c’est pourquoi il est essentiel de poursuivre la réflexion pour éclairer les décisions à venir. » – Isabelle Perreault, préfet de la MRC de Matawinie.
Nous demandons au gouvernement provincial d’imposer sur le champ un moratoire sur le développement éolien dans le sud du Québec et la mise en place d’une consultation provinciale (BAPE générique) pour réellement entendre les citoyens et groupes touchés sur ces questions.
Nous demandons aussi la mise en place de la zone de protection de projection de glaces en hiver (ZAR) dans la réglementation sur l’ensemble du Québec. (être juste et uniforme envers tous et toutes)
Nous demandons aussi au CISSS et CIUSSS de nos régions de se pencher sur le stress imposé aux populations et de se positionner pour la santé des populations et faisant ces mêmes demandes.
Il est encore temps pour les élus de tout niveaux de prendre des décisions responsables pour la santé des populations et aussi pour conserver un semblant de sentiment démocratique et de respect dans notre société.
Par Colin Perreault
St-Malachie, MRC Bellechasse, Chaud.-App.
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