(Alexandre D’Astous)-Le député de Rimouski-Neigette–Mitis–Matapédia–Les Basques, Maxime Blanchette-Joncas, dénonce le rejet de la motion du Bloc Québécois visant à soutenir le financement de la culture. Le 26 octobre, les libéraux et les conservateurs se sont unis pour bloquer la motion qui réclamait le respect des décisions du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) d’imposer des redevances aux plateformes de diffusion en ligne ainsi que le versement intérimaire des 600 M$ promis au milieu culturel pour l’année en cours.
« Les grandes plateformes étatsuniennes tirent des revenus de notre marché. Elles doivent contribuer au financement des œuvres d’ici et de l’information à la radio et à la télévision. Ottawa doit verser l’aide promise depuis juin aux secteurs audio et audiovisuel et faire payer leur part aux plateformes. Les contribuables québécois n’ont pas à payer à leur place », affirme Maxime Blanchette-Joncas.
Le député rappelle que l’information régionale a subi de lourdes pertes au Bas-Saint-Laurent au cours des dernières années. Bell Média a supprimé des postes de journalistes liés à la couverture d’Amqui et de Rimouski. TVA Est-du-Québec a subi d’importantes compressions et ses bulletins régionaux sont désormais présentés depuis Québec. À Rivière-du-Loup, la station de télévision CKRT a fermé en 2021. La presse écrite a également connu d’importantes restructurations, notamment avec L’Avantage, devenu Le Laurentien, puis remplacé par Le Soir.
Suspensions des journaux des Publications gaspésiennes
La suspension de la publication de L’Avant-Poste, à Amqui, annoncée le 26 octobre, s’ajoute à ces pertes. Le journal avait été relancé moins de huit mois plus tôt. Cette décision des Publications gaspésiennes touche aussi La Voix gaspésienne, à Matane, et Le Pharillon, à Gaspé.
« La suspension de L’Avant-Poste est un coup dur pour La Matapédia. À Matane et à Gaspé aussi, les gens vivent la même incertitude. Nous avons déjà perdu trop de journalistes dans nos régions. Les citoyens ont besoin de savoir ce qui se décide dans leur municipalité et ce qui se passe chez eux. Pour ça, il faut des journalistes sur le terrain », poursuit le député.
À l’approche du Sommet Canada-Union européenne, Maxime Blanchette-Joncas rappelle que plusieurs pays européens, dont la France, l’Espagne et l’Italie, imposent déjà aux grandes plateformes de diffusion en ligne des obligations de financement de la création cinématographique et audiovisuelle.
« Notre culture n’est pas une monnaie d’échange dans les négociations commerciales avec les États-Unis. Ottawa doit la défendre avec la même détermination. Nos arts, notre langue et nos médias sont au cœur de notre identité nationale. Ces reculs rappellent pourquoi le Québec doit disposer de tous les pouvoirs pour assurer son avenir culturel. Le Bloc Québécois continuera d’exiger que les plateformes paient leur juste part et que les sommes promises au milieu soient enfin versées », conclut Maxime Blanchette-Joncas.
Photo:Maxime Blanchette-Joncas lors d’une intervention à la Chambre des communes. (Photo courtoisie)



