(Alexandre D’Astous)-Dans le cadre d’une journée d’opposition du Bloc Québécois, le député de Rimouski-Neigette–Mitis–Matapédia–Les Basques, Maxime Blanchette-Joncas, a défendu une motion demandant à Ottawa de respecter les décisions du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) imposant des redevances aux grandes plateformes de diffusion en ligne et de verser les 600 M$ promis en juin dernier aux secteurs audio et audiovisuel.

Le gouvernement Carney a annoncé son intention d’éliminer la contribution de base de 5 % imposée aux grandes plateformes, qui devait notamment soutenir la production culturelle et les nouvelles locales à la radio et à la télévision.

Dans le Bas-Saint-Laurent, l’information régionale a déjà subi de lourdes pertes, autant à la radio, à la télévision que dans la presse écrite. Bell Média a supprimé des postes liés à la couverture d’Amqui et de Rimouski, TVA Est-du-Québec a subi des compressions majeures et présente désormais ses bulletins régionaux depuis Québec, tandis que la station de télévision CKRT a fermé à Rivière-du-Loup. La presse écrite a aussi connu d’importantes restructurations, notamment avec L’Avantage et L’Avant-Poste d’Amqui, relancé depuis. Ces reculs illustrent la fragilité de l’information de proximité et l’importance de préserver son financement.

« Les géants étatsuniens du numérique profitent de notre marché et doivent contribuer au financement de notre culture et de nos médias. Chez nous, les salles de nouvelles ont déjà subi trop de compressions. Ottawa doit verser les 600 M$ promis, sans pour autant libérer ces multinationales de leurs obligations. Ce n’est pas aux contribuables de payer leur part », a déclaré Maxime Blanchette-Joncas.

« Pendant que plusieurs pays européens continuent d’exiger des redevances aux plateformes de diffusion en ligne, le Canada recule pour tenter de plaire à Donald Trump. Notre culture n’est pas une monnaie d’échange. Elle est au cœur de l’identité québécoise, l’âme de notre nation, et joue également un rôle fondamental pour les communautés francophones et acadiennes. Mark Carney doit corriger le tir. Nos créateurs, nos créatrices et nos médias ont besoin de gestes concrets, pas de promesses sans lendemain », a conclu Maxime Blanchette-Joncas.

Photo :Maxime Blanchette-Joncas lors de la période des questions à la Chambre des communes. (Photo courtoisie)