(Alexandre D’Astous)-À l’aube de la dernière semaine de la campagne électorale québécoise, le regroupement Le pont de la 20 ça tient pas debout propose un budget alternatif pour la mobilité au Bas-Saint-Laurent.
Les plus récentes estimations pour le projet de prolongement de l’autoroute 20 entre Trois-Pistoles et Rimouski supposent un budget de 2 milliards de dollars. Le regroupement s’est prêté à l’exercice d’allouer ces sommes autrement qu’à une autoroute et à ce qui serait le plus haut pont du Québec, des projets d’infrastructures dévastateurs à la fois pour les finances publiques et pour l’environnement.
Une proposition ambitieuse
Le regroupement propose d’utiliser les fonds publics de manière cohérente. Il formule une proposition qui permet à la fois de sécuriser et d’améliorer le réseau routier, mais aussi d’investir en adaptation aux changements climatiques, en transport en commun et en mobilité active de même qu’en technologie et en gouvernance.
« Si on est pour investir 2 G$ pour la mobilité au Bas-Saint-Laurent, ça peut pas servir uniquement pour prolonger la 20 entre Trois-Pistoles et Rimouski. Notre territoire est vaste, on doit agir sur plus que 50 kilomètres linéaires. Aujourd’hui, on met un projet sur la table. C’est une ébauche à discuter », indique Sébastien Rioux, porte-parole du regroupement.
Le pont de la 20 ça tient pas debout propose d’utiliser 50 % du budget, soit 1 G$, afin de sécuriser le réseau routier bas-laurentien, dont l’actuelle route 132. Le regroupement rappelle que la majorité (63 %) des collisions avec décès ou blessés graves sur les routes du Bas-Saint-Laurent selon la direction régionale de santé publique le sont ailleurs que sur la route 132 et l’autoroute 20.
« C’est pour ça qu’il faut investir sur toutes nos routes et pas seulement l’axe côtier est-ouest. Avec l’autre milliard, on pourra à la fois rendre viable la Régie de transport du Bas-Saint-Laurent, qui est prête à opérer, et financer différentes innovations qui feront de notre région une pionnière en matière de gestion et de gouvernance des infrastructures au Québec, voire dans le monde », soutient Sébastien Rioux.
Une question de sondage incohérente
Dans un récent sondage Segma – Radio-Canada – Le Soleil, on apprenait que 86 % de la population serait en faveur du prolongement de l’autoroute 20. « Nous n’avons pas réagi à ce sondage parce que c’est de la poudre au yeux, soutient M. Rioux. L’humain a horreur du vide; si on vous donne le choix entre quelque chose et rien, il y a de bonnes chances pour que vous choisissiez quelque chose, donc que vous soyez en faveur d’un projet, quelqu’il soit. Aujourd’hui, on fait une proposition ambitieuse pour la mobilité dans notre région. Je serais curieux qu’on propose aux gens ce qu’ils préfèrent entre notre proposition et le prolongement de l’autoroute ! », s’interroge le porte-parole.
Rétrospective sur la campagne
Chaque semaine durant la présente campagne électorale, le regroupement Le pont de la 20 ça tient pas debout a diffusé un communiqué de presse concernant les différentes facettes de grands projets d’infrastructures comme le prolongement de l’autoroute 20. « Nous sommes très fiers d’avoir pu élever le débat en rappelant tout au long de la campagne des éléments factuels et en formulant des propositions concrètes », conclut Sébastien Rioux.


