(Alexandre D’Astous)-Le député de Rimouski–La Matapédia, incluant La Mitis, Les Basques et la Neigette, Maxime Blanchette-Joncas, dénonce l’imposition par les États-Unis de nouveaux tarifs de 50 % sur 28 milliards de dollars de marchandises et presse le gouvernement fédéral de déployer immédiatement des mesures d’aide concrètes pour les entreprises et les travailleurs du Bas-Saint-Laurent.
« La décision des États-Unis d’imposer de nouveaux tarifs de 50 % sur 28 milliards de dollars de marchandises est toxique pour les économies bas-laurentienne, québécoise, canadienne et américaine. Elle s’ajoute aux droits de douane qui frappent déjà plusieurs secteurs névralgiques, notamment l’aluminium, l’acier, le bois d’œuvre et l’automobile. Ottawa doit maintenant répondre présent et protéger nos entreprises et nos travailleurs », déclare le député bloquiste.
Au Bas-Saint-Laurent, le poids du secteur manufacturier et de l’industrie forestière rend la région particulièrement exposée. Selon les perspectives économiques régionales de Desjardins, plus du tiers du PIB manufacturier régional provient de la transformation du bois, ce qui accentue les risques liés aux tarifs sectoriels et à l’incertitude commerciale.
Des mesures immédiates pour les entreprises et les travailleurs
Pour le député de Rimouski–La Matapédia, Ottawa doit maintenant agir. Le Bloc Québécois réclame la mise en place sans délai de programmes permettant de soutenir directement les entreprises, les travailleurs et les personnes les plus durement touchées par les mesures américaines.
Il demande notamment :
- des mesures de compensation et des aides financières non remboursables ;
- des programmes de subvention salariale ;
- un soutien accru à l’innovation, à la productivité, à la transformation et à la diversification des marchés ;
- des mesures visant à soutenir le pouvoir d’achat des retraités et des travailleurs saisonniers.
L’aide doit être facile d’accès et rapidement livrée, pour éviter que des pertes financières ou un ralentissement des activités se transforment en pertes d’emplois permanentes.
« Nos entreprises ont besoin d’oxygène, pas de promesses. Nos travailleurs ont besoin de stabilité, pas d’incertitude. Si Ottawa veut réellement défendre notre économie, il doit donner aux entreprises les moyens de traverser la tempête, de conserver leurs employés et de poursuivre leurs activités. Nous devons éviter que des tarifs temporaires se transforment en pertes d’emplois permanentes », prévient Maxime Blanchette-Joncas.
Chaque dollar des contre-tarifs doit retourner aux entreprises et aux travailleurs
Le député bloquiste salue la volonté du premier ministre Mark Carney de répondre aux nouvelles mesures américaines par des contre-tarifs de valeur équivalente, mais estime que la réponse canadienne doit aller plus loin.
« Les contre-tarifs doivent couvrir les nouvelles mesures américaines, mais aussi les droits et tarifs illégaux déjà en vigueur. Surtout, chaque dollar recueilli doit retourner aux entreprises et aux travailleurs qui subissent les conséquences de cette guerre commerciale. Il n’est pas question que les régions paient en double : une première fois avec les tarifs et une deuxième fois avec l’inaction d’Ottawa », insiste le député.
Pour Maxime Blanchette-Joncas, le gouvernement fédéral doit aussi, rapidement, préciser les secteurs admissibles, les mesures disponibles et les conditions d’accès à l’aide, pour que les entreprises sachent à quoi s’en tenir.
Les concessions d’Ottawa ne doivent pas se faire sur le dos du Québec
Le député rappelle également que les concessions envisagées ou accordées par le gouvernement fédéral dans des secteurs stratégiques ne doivent pas fragiliser davantage le Québec et ses régions, notamment en matière de gestion de l’offre, de culture et de médias régionaux.
« Nous avons demandé au gouvernement fédéral de ne pas sacrifier les intérêts du Québec et de nos régions dans ses négociations avec les États-Unis. Les faits sont clairs : les concessions faites à Washington n’empêchent ni les tarifs ni l’escalade commerciale. On ne peut pas demander toujours plus de sacrifices au Québec et ensuite demander aux régions d’en payer la facture », souligne M. Blanchette-Joncas.
L’élu bas-laurentien dénonce également le recul fédéral en matière de culture et de taxation des géants du Web, qui n’a manifestement pas permis d’éviter l’escalade tarifaire.
« Les concessions faites aux États-Unis n’auront servi à rien si, en retour, nous nous retrouvons avec encore plus de tarifs et aucune garantie pour nos secteurs stratégiques. Notre culture n’est pas une monnaie d’échange. Nous devons rétablir les mesures qui permettent de soutenir notre écosystème culturel, notamment la redevance du CRTC pour les diffuseurs en ligne et la taxe sur les services numériques. Nous devons protéger notre capacité à créer, à produire et à diffuser notre propre culture. Elle ne peut pas être sacrifiée au profit des géants américains du Web », soutient le député.
Une réponse politique concertée
Le Bloc Québécois maintient enfin sa demande d’une rencontre entre les chefs des partis représentés à la Chambre des communes afin de coordonner la réponse à la crise tarifaire et de donner aux entreprises et aux travailleurs un portrait clair de la suite.
« Nous pouvons avoir des visions politiques différentes, mais devant une menace qui frappe directement nos entreprises et nos travailleurs, l’heure est à l’action. Au Bas-Saint-Laurent, nos entrepreneurs et nos travailleurs n’attendent pas des chicanes partisanes : ils attendent qu’Ottawa se tienne debout », conclut Maxime Blanchette-Joncas.
Photo : Maxime Blanchette-Joncas à la Chambre des communes. (Photo courtoisie)


