(Alexandre D’Astous)-La candidate du PQ dans Rivière-du-Loup-Témiscouata-Les Basques, Ariane Boyer, se dit extrêmement préoccupée par le manque flagrant de transparence dans le dossier de la traverse. Elle réagit au fait que l’Autorité des marchés publics (AMP) a constaté des manquements dans l’octroi d’un contrat de gré à gré par la Société québécoise des infrastructures (SQI) dans le cadre du projet de nouveau terminal portuaire à Cacouna.

« L’AMP le dit noir sur blanc : la SQI « a alors réduit l’ampleur des travaux prévus au contrat afin d’en abaisser la valeur à 132 500 $, soit en dessous du seuil d’appel d’offres public établi à 133 800 $, croyant ainsi légitimer la conclusion du contrat de gré à gré », affirme la candidate.

« Ce qui me frappe, ce n’est pas seulement que les règles n’ont pas été respectées, c’est que l’urgence invoquée pour justifier ce contrat découlait en partie de la propre gestion tardive de la SQI. On a contourné les règles à cause d’une urgence que la SQI avait elle-même créée. Pour moi, c’est inacceptable, et ce sont les contribuables qui paient la note » a commenté la candidate.

Réaction du gouvernement

La candidate se dit choquée par la réaction du gouvernement de la CAQ. « La députée actuelle, Amélie Dionne, a affirmé que des informations doivent rester confidentielles simplement pour le bon avancement d’un projet, invoquant le fait que la situation est sous enquête. »

« En tant que candidate aspirant à représenter les citoyens de ma circonscription, je ne peux pas accepter cette posture. Les gens de notre région méritent des réponses » a continué Ariane Boyer.

 « Hier, sur mes réseaux sociaux, je donnais la parole à Serge Guérette, un citoyen de Rivière-du-Loup qui a décidé de ne pas rester silencieux. Après avoir participé au début juin à une rencontre citoyenne de la Société des traversiers du Québec, où on lui a indiqué qu’il ne pouvait pas poser de questions, il a rédigé une lettre ouverte adressée directement à la première ministre pour réclamer que le gouvernement rende publics les documents ayant mené à la décision de déménager la traverse à Cacouna. Il a lu cette lettre publiquement lors de la séance du conseil de ville de Rivière-du-Loup, le 15 juin dernier », poursuit Mme Boyer.

Des questions sans réponse

Que monsieur Guérette en soit réduit à mener lui-même cette quête de transparence interpelle profondément la candidate qui rappelle que les questions légitimes posées par les gens de sa région sont restées sans réponse depuis décembre 2024.

« Je voulais donner la parole à un citoyen, à un autre citoyen qui se pose des questions. Ça fait 19 mois que ça perdure. Au Parti Québécois, on est tout à fait en accord avec la vision de monsieur Guérette : on veut des chiffres, on veut des données qui expliquent pourquoi la traverse a été déménagée à Cacouna » a poursuivi Ariane Boyer.

Engagement du PQ

Le Parti Québécois s’est d’ailleurs engagé, s’il est porté au pouvoir aux prochaines élections, à rendre publics les études et les documents ayant mené à la décision de relocaliser le service de traversier.

Rappelons que le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé avait déposé un projet de loi d’intérêt privé à l’Assemblée nationale au mois de février 2025 pour que la Ville de Rivière-du- Loup obtienne accès aux documents ayant justifié cette décision. La CAQ a refusé de l’étudier.

« Le 5 octobre prochain, les citoyens vont avoir à faire un choix. Soit le statu quo avec la CAQ et avoir peu ou pas de réponse sur ce dossier-là, ou bien choisir le Parti Québécois, qui va faire toute la lumière sur ce dossier-là, et c’est ce que je m’engage à faire », a terminé la candidate.

Photo : Ariane Boyer (Photo courtoisie)