(Alexandre D’Astous)-Le député de Rimouski–La Matapédia, incluant La Mitis, Les Basques et La Neigette, Maxime Blanchette-Joncas, dénonce qu’à peine les négociations commerciales avec les États-Unis amorcées, le gouvernement libéral ait déjà consenti à un nouveau recul majeur qui privera la culture et les médias québécois de milliards de dollars en redevances provenant des géants du Web comme Netflix, Disney+, Prime Video et d’autres plateformes de diffusion en ligne.
Le député déplore que le milieu culturel ne soit pas défendu avec plus de vigueur et qu’il soit sacrifié afin d’éviter que ces entreprises américaines ne paient leur juste part.
Le gouvernement libéral a demandé au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) de revoir sa décision imposant des contributions de 15 % aux géants américains de la diffusion en ligne afin de soutenir le secteur culturel québécois et canadien. Ces sommes auraient permis de financer davantage d’œuvres québécoises, de soutenir nos créateurs et diffuseurs et d’assurer une meilleure présence du contenu francophone sur les plateformes numériques.
Grave crise financière
« Après avoir privé l’an dernier le milieu culturel de 1,4 milliard de dollars en abandonnant la taxe sur les services numériques, les libéraux reculent maintenant devant les contributions exigées par le CRTC. Dans les deux cas, ils choisissent d’épargner les géants américains du numérique plutôt que d’exiger qu’ils contribuent au financement de la culture et de l’information qu’ils fragilisent pourtant par leur domination du marché publicitaire. Ce sont des milliards de dollars auxquels on renonce pour soutenir nos milieux de la création et de la diffusion, qui traversent actuellement une grave crise financière », souligne le député bloquiste.
De 30 à six employés
Dans le Bas-Saint-Laurent, les conséquences de ces choix se font déjà sentir : chaque dollar auquel Ottawa renonce prive directement nos communautés d’un soutien essentiel à la vitalité culturelle et à l’accès à une information locale de qualité. À Rimouski, la station TVA est passée de 30 à 8 employés en deux ans, illustrant la fragilité grandissante de l’écosystème médiatique régional.
Les médias régionaux et communautaires couvrent des enjeux municipaux, agricoles, économiques, culturels et communautaires, souvent absents des grands réseaux nationaux. Lorsqu’ils s’affaiblissent, ce sont non seulement des emplois qui disparaissent, mais aussi une partie de notre capacité collective à nous informer et à faire entendre la voix de nos communautés. C’est toute la vitalité démocratique de nos régions qui en subit les conséquences.
« Le gouvernement prétend compenser ces pertes par un investissement de 600 millions de dollars provenant des contribuables, tout en demeurant très loin du compte. Il justifie sa décision en affirmant que les GAFAM pourraient éventuellement augmenter leurs frais d’abonnement, ce qui ne s’est pas vérifié de façon systématique dans les marchés où des obligations semblables existent. Les gens peuvent choisir de s’abonner ou non à une plateforme, mais ils n’ont pas le choix de payer leurs impôts. Finalement, ce sont encore les contribuables qui se retrouvent à payer la facture », affirme Maxime Blanchette-Joncas.
Demande du maintien des contributions
Le Bloc Québécois demande au gouvernement de respecter la décision du CRTC et de maintenir les contributions exigées des plateformes étrangères de diffusion en ligne afin que celles-ci contribuent équitablement au financement de la culture et de l’information. Ces revenus doivent servir à soutenir les médias, la création et la diffusion de contenus québécois et francophones.
« Pour un premier ministre qui se présentait comme un expert de la négociation, il est étonnant de commencer des discussions en multipliant les concessions dans l’espoir d’obtenir quelque chose en retour. On sacrifie les arts, la culture et les médias, particulièrement les médias régionaux et francophones. Dans un environnement numérique dominé par le contenu anglophone, ces investissements sont essentiels pour assurer le rayonnement de la culture québécoise et de la langue française.
Chaque concession accordée aux géants américains du numérique affaiblit notre capacité à financer nos artistes, nos créateurs, nos diffuseurs et nos médias régionaux. Le Québec ne doit pas devenir la monnaie d’échange des négociations commerciales avec Washington », conclut l’élu bloquiste.
Photo : Maxime Blanchette-Joncas à la Chambre des communes. (Photo courtoisie)


