(Alexandre D’Astous)-Alors que les effets dévastateurs du dernier décret imposé par le président Trump sur les produits dérivés de l’aluminium et de l’acier se font sentir auprès de plusieurs PME québécoises qui voient leur rentabilité menacée par la multiplication des tarifs, le porte-parole du Bloc Québécois en matière d’Industries, Gabriel Ste-Marie, et le député de Rimouski–La Matapédia, incluant La Mitis, Les Basques et la Neigette, Maxime Blanchette-Joncas, pressent le gouvernement Carney d’intervenir.
Ils demandent au gouvernement de mettre en place des mesures d’atténuation pour aider les PME de ce secteur clé de notre économie à traverser cette tempête tarifaire, mais également qu’il négocie avec le voisin américain des conditions permettant davantage de stabilité et de prévisibilité pour nos industries.
Le dernier décret imposé par le président Trump ramène de 50 % à 25 % les droits de douane sur les produits dérivés de l’acier et de l’aluminium, mais ce tarif s’applique sur la valeur totale du produit qui entre aux États-Unis plutôt que sur la proportion de métaux qu’il contient.
Sur la valeur totale
« Maintenant, les Américains imposent des tarifs de 25 % sur la valeur totale de tous les produits qui contiennent de l’aluminium ou de l’acier. Ils taxent non seulement le métal, mais toute la valeur ajoutée. Pour l’atelier d’usinage Liard Industrie dans Joliette, ça signifie payer 138 592 $ plutôt que 38 191 $ en tarifs pour un projet de pièce de camion dont la valeur est de 554 367 $ : c’est quatre fois plus ! Pour une autre pièce, la facture tarifaire passe de 7 587 $ à 48 918 $. À ce compte-là, la marge bénéficiaire d’une PME est rapidement anéantie et si on n’intervient pas rapidement, c’est un pan entier de l’économie québécoise qui fait vivre nos régions qui sera affecté », prévient le député Blanchette-Joncas.
Nouveau mode calcul menaçant
« Le nouveau mode de calcul des tarifs de Donald Trump menace tout le tissu industriel québécois qui transforme l’aluminium et l’acier. On en voit déjà les résultats quand des entreprises comme Bombardier (BRP) s’écroulent en Bourse, que d’autres vont couper leur production ou encore fermer, comme Venmar, à Drummondville. Nous devons également protéger nos petites et moyennes entreprises bas-laurentiennes pour éviter qu’elles se retrouvent également sous la guillotine. Le gouvernement Carney s’est fait élire en se présentant comme celui par lequel la crise tarifaire serait évitée. À date, il n’y a rien de concluant ici à ce chapitre. C’est même le Québec qui souffre le plus des tarifs américains et où se perdent le plus d’emplois. Aujourd’hui, ce sont des milliers de nos entreprises qui sont menacées. Le Bloc demande que le gouvernement intervienne pour nos PME avec le même empressement qu’il le fait pour l’industrie automobile de l’Ontario », conclut Maxime Blanchette-Joncas.
Photo: Maxime Blanchette-Joncas à la Chambre des communes en septembre dernier. (Photo courtoisie)


