(Alexandre D’Astous)-Après avoir brillé sur les planches du Prospero à Montréal et de La Nouvelle scène Gilles Desjardins à Ottawa, le spectacle La jeune fille suppliciée sur une étagère fera un seul et dernier arrêt au Bic le mercredi 29 avril à 19 h 30.

Une chance de pouvoir apprécier la remarquable performance de Larissa Corriveau et d’admirer à nouveau le travail de Cédric Delorme-Bouchard qui, à la mise en scène et à la scénographie, nous offre un spectacle avec un esthétisme incroyable.

Un récit surprenant d’autopsie

Mieko, une jeune fillede seize ans morte d’une pneumonie et dont le corps a été vendu à un hôpital par sa mère, fait le récit méticuleux de son séjour en salle d’autopsie jusqu’à son incinération. Dans un récit empreint de réalisme magique, la défunte devient l’improbable narratrice de la métamorphose de son propre corps.

À travers cette impossible situation d’un personnage qui s’interroge sur la disparition de son corps, l’auteur japonais Yoshimura utilise l’improbable contexte pour soulever des observations sur la marchandisation de la vie humaine. La force de l’écriture est de lier aux questions philosophiques de l’expérience humaine les enjeux très concrets de la pauvreté et de l’inégalité des classes sociales. La mort ne frappe pas de manière égale. Des interrogations qui résonnent encore aujourd’hui avec l’objectification du corps féminin, les résurgences des politiques antiavortement ou avec la privatisation de l’accès aux soins de santé.

Photo : Mieko, une jeune fillede seize ans morte d’une pneumonie et dont le corps a été vendu à un hôpital par sa mère, fait le récit méticuleux de son séjour en salle d’autopsie jusqu’à son incinération. (Photo courtoisie Marlène Gélineau Payette)