(Alexandre D’Astous)-À la suite de l’annonce du projet de règlement de la Ville de Rimouski établissant des contributions aux promoteurs immobiliers afin de financer certaines dépenses en matière d’assainissement des eaux usées ou d’approvisionnement et de distribution de l’eau potable, plusieurs entrepreneurs ont interpellé la Chambre de commerce et de l’industrie Rimouski-Neigette (CCIRN) pour exprimer leurs inquiétudes.
En résumé, tout nouveau permis de construction créant des unités (logements, chambres, locaux commerciaux) dans les secteurs visés devra payer une contribution unique à la Ville avant la délivrance du permis. Selon les analyses et commentaires reçus, cette mesure pourrait ralentir les nouvelles mises en chantier et le développement de Rimouski au profit d’autre ville ; décourager les promoteurs locaux ; fragiliser les projets à taille humaine (24 logements et moins) et amener un transfert du coût vers les locataires et augmentant indirectement les loyers.
La CCIRN souligne que le principal enjeu n’est pas uniquement le montant (entre 3 400 $ et 5 738 $ selon le secteur visé), mais le fait que la contribution soit exigée avant que les projets soient financés ou construits.
« C’est une sortie de fonds immédiate, sans financement possible par emprunt, qui s’ajoute aux coûts de terrain, de conception et de construction. Dans un contexte de pression sur le logement, cette mesure pourrait réduire l’offre disponible et accentuer les tensions sur le marché locatif. La contribution est la même peu importe la taille du bâtiment. Un duplex représente une charge fixe d’environ 10 500 $, soit un pourcentage de coûts bien plus élevé proportionnellement qu’un grand immeuble. Cela peut décourager les promoteurs ou les propriétaires qui souhaitent ajouter un logement accessoire, surtout dans un contexte où les coûts de financement sont élevés. Cette nouvelle taxe devrait augmenter le coût de travaux entre 2 % et 3 % du coût total, ce qui mettrait en danger la pérennité de beaucoup de projets à Rimouski », estime la CCIRN dans un communiqué.
La CCIRN participera aux consultations écrites et à l’assemblée publique de consultation pour demander de revoir le mécanisme de contribution ; de diminuer de manière significative cette contribution ; d’étaler les paiements dans le temps et d’ouvrir un dialogue avec les promoteurs du milieu.


