(Opinion du lecteur)-La Semaine nationale du repreneuriat s’amorce dans un contexte qui mérite toute notre attention. Au cours de la prochaine année au Québec, près de 16 000 propriétaires songent à vendre leur entreprise. Derrière ce chiffre, c’est une partie importante de l’avenir économique du Québec qui est en jeu.

Ces entreprises, ce sont bien plus que des bilans financiers ou des transactions à venir. Ce sont des centaines de milliers de travailleuses et de travailleurs. Ce sont des centres décisionnels qui soutiennent des milliers de fournisseurs de biens et de services partout au Québec. Ce sont des régions entières dont la vitalité économique dépend de leur ancrage local.

Dans ce contexte, personne ne peut agir seul. Tout le monde a un rôle à jouer pour que les entreprises fondées au Québec demeurent de propriété québécoise. Au Fonds de solidarité FTQ, nous prenons ce rôle au sérieux. Depuis des années, nous accompagnons des centaines d’entreprises dans le passage d’une génération de propriétaires à une autre — avec des investissements, mais aussi avec des conseils et de l’accompagnement.

Grâce à notre réseau d’alliés, à nos spécialistes présents aux quatre coins du Québec et à notre fine compréhension des réalités propres au repreneuriat, nous sommes pleinement mobilisés pour relever ce défi de société. Parce qu’un transfert d’entreprise ne se résume jamais à une transaction. C’est un processus. 

Nous sommes convaincus que, dans la chronologie de tout transfert réussi, le premier rôle revient aux propriétaires qui envisagent la retraite ou un nouveau chapitre de leur vie professionnelle. L’avenir des entreprises qu’ils ont bâties, et des emplois qui y sont rattachés, repose d’abord sur un élément déterminant : la planification.

Or, trop souvent, cette étape est remise à plus tard. Trop d’entrepreneuses et d’entrepreneurs n’ont pas de plan pour assurer la relève, ou ne se donnent pas le temps pour bien préparer l’opération. Pourtant, un transfert d’entreprise ne s’improvise pas. Il implique des enjeux humains, financiers, fiscaux, légaux et opérationnels qui exigent de s’entourer, de consulter, et de réfléchir aux options possibles. Établir un plan structuré peut s’échelonner sur plus d’un an.

Il ne faut pas sous-estimer le facteur humain. Se départir du projet professionnel d’une vie est une étape chargée d’émotions. En planifiant tôt la relève, on introduit de la prévisibilité dans une situation qui peut être profondément déstabilisante, autant pour les entrepreneuses et entrepreneurs que pour leur entourage.

Une transaction mal planifiée peut entraîner, pour le vendeur, des conséquences fiscales importantes. Pour les acquéreurs, un niveau d’endettement trop élevé peut freiner la croissance future de l’entreprise et limiter sa capacité à investir et à innover.

Enfin, la stabilité opérationnelle ne doit jamais être négligée. Qu’elle soit familiale, interne ou externe, une relève entraîne inévitablement des changements. Une transition bien préparée et bien communiquée peut rassurer les travailleuses et travailleurs, tout comme les clients et les fournisseurs, et permettre à l’entreprise de poursuivre son développement sur des bases solides.

Au Fonds de solidarité FTQ, nous invitons les entrepreneurs et entrepreneuses du Québec à se pencher dès maintenant sur l’avenir à long terme de leur entreprise. À préparer le prochain chapitre, même s’il n’est pas pour demain.

Ce n’est pas seulement l’avenir des entreprises d’ici qui en dépend. C’est toute l’économie du Québec.

Dany Pelletier, premier vice-président aux Placements privés et aux investissements d’impact