(Alexandre D’Astous)-Ce sont 1 500 personnes qui se sont mobilisées ce mercredi soir dans l’église de Trois-Pistoles pour lancer haut et fort le message au CISSS du Bas-Saint-Laurent et à Santé Québec, ainsi qu’aux décideurs politiques qu’aucune diminution de service à l’urgence de Trois-Pistoles ne sera tolérée.

Le Comité de VIGIE pour la sauvegarde de l’urgence de Trois-Pistoles, qui organisait cette importante assemblée de consultation citoyenne sur l’avenir de l’urgence hospitalière de Trois-Pistoles à même dû refuser des gens à l’entrée de l’église pour une question de sécurité.

« Notre modèle a fait ses preuves et nous le préserver et même le bonifier. Nous demandons au CISSS de faire un pas en avant et pas seulement un pas de côté comme il l’a fait vendredi dernier devant l’ampleur de la mobilisation. On veut une confirmation qu’il n’y aura aucune diminution de services, pas juste que l’urgence va rester ouverte 24 heures », a lancé le maire de Trois-Pistoles, Maurice Vaney.

Le préfet de la MRC des Basques par intérim et maire de Saint-Jean-de-Dieu, Stéphane Rioux a rappelé la mobilisation qui a permis de sauver la Traverse Trois-Pistoles/Les Escoumins, il y a quelques années. « Nous nous sommes battus et nous avons vaincu et nous allons le faire encore. Nous sommes une des plus petites MRC au Québec, mais nous sommes comme les Gaulois. Nous sommes solidaires ».

Un peu moins d’une semaine après un important volte-face du CISSS du Bas-Saint-Laurent, la population des Basques souhaite démontrer qu’elle va demeurer aux aguets dans ce dossier, tant qu’elle n’aura pas l’assurance qu’il n’y aura pas de diminution de service.

Remettre les pendules à l’heure

Cette forte participation a permis de rétablir certains faits véhiculés par le CISSS du Bas-Saint-Laurent ces derniers jours. Tout d’abord, le projet actuel du CISSS constitue prioritairement un report du projet de réorganisation des services aux urgences de Trois-Pistoles et de Pohénégamook.

« On nous dit que les conditions ne seraient pas réunies « en ce moment » pour mener des consultations et implanter un nouveau modèle de soins aux urgences. Cela laisse le débat entier sur le moment et les conditions que le CISSS jugerait favorables pour aller de l’avant avec son projet. Par la suite, on nous mentionne devoir « retourner à la planche à dessin », en se gardant toutefois de préciser quand, avec qui ou encore de quelle manière. Cette improvisation de la part du CISSS et de Santé Québec préoccupe grandement les membres du Comité de VIGIE des Basques qui jugent qu’il est temps d’obtenir des réponses et des engagements fermes à moyen et à long terme », affirme Pierre-Paul Malenfant, du Comité de vigie.

« On nous dit avoir entendu la population, mais on ne semble pas nécessairement prêts à l’écouter et à prendre des engagements clairs pour assurer le maintien des services. Nous ce qu’on demande, ce n’est pas de retourner à la planche à dessin, c’est de tourner la page définitivement sur les menaces de diminution ou de fermeture des services », poursuit le maire de Trois-Pistoles, Maurice Vaney.

Des participants de tous les horizons

Cette assemblée de consultation a permis de réunir une riche diversité de participants, à la fois d’élus, de citoyens, d’organismes locaux et régionaux, de travailleurs du réseau de la santé, des représentants d’entreprises locales et d’organisations syndicales. 

Lors de l’assemblée de consultation, les personnes réunies ont eu l’occasion d’entendre plusieurs informations importantes sur les répercussions d’une fermeture, même partielle, des services à l’urgence hospitalière de Trois-Pistoles. Ce fut également un moment pour faire le point sur les luttes de résistance rurale de l’Est du Québec ces dernières décennies et la manière dont la bataille pour la sauvegarde des urgences de Trois-Pistoles et de Pohénégamook s’inscrit dans cette lutte historique pour la vitalité de notre territoire et pour la dignité des personnes qui l’habitent.

Les médecins Maxime Martin et Émilie Pelletier, le président de la chambre de commerce de Saint-Jean-de-Dieu, Éric Malenfant, la présidente de la chambre de commerce de Trois-Pistoles, Pascale Gagnon et l’infirmière Kim Beaulieu se sont aussi adressés aux gens présents pour parler des impacts qu’auraient une diminution des services à l’urgence.

Plusieurs citoyens ont pris la parole pour remercier le personnel de l’urgence pour leur travail. Certains ont témoigné avoir été sauvés à l’urgence de Trois-Pistoles. Le président de comité pour le maintien de l’urgence de Pohénégamook, Gilles Pelletier, est venu démontrer son soutien aux gens de Trois-Pistoles.

 Une résolution adoptée

À l’issue d’un vote, les personnes réunies ont également adopté une résolution qui se lit comme suit :

Il est résolu que l’assemblée citoyenne réunie en l’église de Trois-Pistoles le 11 février 2026 exige que Santé Québec et le CISSS du Bas-Saint-Laurent mettent fin immédiatement à toute procédure, démarche ou projet pouvant mener à long terme à la réduction, la limitation ou l’abolition des services d’urgence à l’hôpital de Trois-Pistoles/Les Basques.

« Le message est clair pour la population des Basques. Nous espérons qu’il l’est tout autant pour le CISSS et pour Santé Québec », ajoute M. Vaney.

Une mobilisation qui se poursuit

Guillaume Legault, du Comité de vigie, indique que la poursuite de la mobilisation est essentielle pour obtenir des garanties formelles de la part du CISSS du Bas-Saint-Laurent et de Santé Québec dans ce dossier. Les membres du Comité de VIGIE ont ainsi présenté plusieurs pistes d’action en vue de maintenir, voire d’accroître la pression dans les prochaines semaines. 

« L’annonce de la semaine dernière est arrivée dans un crescendo important de mobilisation et il est important pour les membres du comité de VIGIE de souligner leur intention ferme de maintenir la pression dans les temps à venir avec l’appui et la participation de la population. ».

Photo : L’église était pleine. (Photo Alexandre D’Astous)

Photo : Les gens faisaient encore la file sur le perron de l’église à 19 h. Certains n’ont pas pu entrer par manque de place. (Photo Alexandre D’Astous)

Photo : Le maire de Trois-Pistoles, Maurice Vaney. (Photo Alexandre D’Astous)

Photo : L’infirmière Kim Beaulieu a pris la parole entourant de collègues de travail. (Photo Alexandre D’Astous)