(Alexandre D’Astous)-Le député de Rimouski–La Matapédia, qui inclut La Mitis, Les Basques et la Neigette, Maxime Blanchette-Joncas et son collègue de Gaspésie-Les Îles-de-la-Madeleine-Listuguj, Alexis Deschênes, réagissent vivement aux informations rendues publiques confirmant l’abolition de 20 postes à l’Institut Maurice-Lamontagne (IML) de Mont-Joli, un centre de recherche stratégique relevant du ministère fédéral des Pêches et des Océans. Ces décisions suscitent une vive inquiétude dans le Bas-Saint-Laurent et, plus largement, dans l’Est-du-Québec.

L’Institut Maurice-Lamontagne constitue un pôle scientifique structurant pour la région et joue un rôle clé en matière de recherche océanographique, de surveillance scientifique et de protection des écosystèmes marins. Les compressions annoncées alimentent un climat d’incertitude important chez les chercheuses et chercheurs, de même qu’au sein de l’ensemble du personnel, d’autant plus que d’autres compressions ont eu lieu ou sont évoquées ailleurs au Québec.

Une perte de connaissance

Chaque poste aboli entraîne une perte irréversible de connaissances et d’expertise, essentielles tant pour la recherche scientifique que pour la protection des milieux marins. Les départs anticipés à la retraite, s’ils se confirment, risquent également de compromettre la transmission des savoirs et de l’expertise accumulée au fil des décennies, fragilisant durablement la capacité scientifique de l’Institut et des régions concernées.

« Plusieurs personnes me contactent régulièrement en raison de rumeurs persistantes et d’un manque flagrant d’information officielle. L’abolition de 20 postes à l’Institut Maurice-Lamontagne est un signal extrêmement préoccupant pour l’avenir de la recherche scientifique dans nos régions », affirme le député Maxime Blanchette-Joncas, qui est aussi porte-parole du Bloc Québécois en science et innovation et vice-président du Comité permanent de la science et de la recherche de la Chambre des communes.

Le manque de transparence entourant ces décisions accentue les inquiétudes quant à leurs impacts réels sur la capacité scientifique, la continuité des mandats de recherche, la relève scientifique, ainsi que sur le respect des obligations fédérales en matière de surveillance scientifique et de gestion durable des ressources marines.

Le député demande dès maintenant des clarifications complètes à la ministre Joanne Thompson, notamment sur :

  • le nombre exact de postes touchés et leur répartition par catégorie d’emploi ;
  • la nature des compressions (abolitions de postes, non-renouvellements de contrats, gels d’embauche, etc.) ;
  • la distinction entre emplois permanents et précaires ;
  • les programmes et mandats de recherche affectés ;
  • le calendrier de mise en œuvre et la possibilité d’autres vagues de compressions ;
  • les motifs budgétaires, stratégiques ou organisationnels invoqués ;
  • les mesures de soutien prévues pour les travailleuses et travailleurs touchés ;
  • les consultations menées auprès du personnel et des représentants syndicaux ;
  • les garanties quant à la pérennité de l’Institut Maurice-Lamontagne.


« Ces compressions ne fragilisent pas seulement des emplois : elles mettent en péril le développement scientifique et économique de nos régions et la capacité de fonder les décisions publiques sur des données probantes », ajoute le député.

Réponse écrite attendue

Une réponse complète, écrite et documentée, est maintenant attendue de la part du ministère des Pêches et des Océans. Le député assure qu’il suivra ce dossier de près et n’exclut aucun recours parlementaire afin d’obtenir toute la transparence nécessaire. Il est essentiel que les décisions prises respectent et préservent les capacités scientifiques du Québec, particulièrement dans ses régions, comme le Bas-Saint-Laurent, où ces institutions jouent un rôle fondamental pour l’innovation, l’environnement et l’économie locale.

« Le secteur des pêches n’a pas besoin qu’on retire des scientifiques du tableau. Au contraire, avec les changements climatiques qui perturbent la ressource et rend plus difficiles les prévisions, leur travail est primordial pour faire en sorte que les décisions politiques en matière de pêcherie soient le plus rationnel possible. Ces compressions sont de mauvais augure » déclare Alexis Deschênes, député de Gaspésie-Les Îles-de-la-Madeleine-Listuguj. 

Photo : Maxime Blanchette-Joncas à la Chambre des communes en septembre 2025. (Photo courtoisie)