(Alexandre D’Astous)-La Chambre de commerce de Trois-Pistoles / Notre-Dame-des-Neiges, conjointement avec la Chambre de commerce de Saint-Jean-de-Dieu, prend position face au « nouveau modèle » de gestion des services d’urgence proposé par le centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent.

Si la santé demeure une priorité fondamentale, les deux Chambres estiment que cette approche soulève de sérieuses inquiétudes quant à ses impacts économiques et à l’avenir du développement régional dans Les Basques.

Une vision en silo incompatible avec le développement

Les Chambres de commerce s’inquiètent d’un processus décisionnel qui semble s’être fait sans vision globale des conséquences pour les territoires. Des décisions structurantes, prises en silo, sans analyse transversale des impacts sociaux, démographiques et économiques, vont directement à l’encontre des objectifs de vitalisation et d’occupation dynamique du territoire que le gouvernement affirme vouloir promouvoir.

Les services de santé constituent un pilier du développement économique régional. Les fragiliser compromet la capacité des régions à attirer de nouvelles familles, à retenir leur main-d’oeuvre et à soutenir un tissu économique déjà sous pression.

Un frein à l’attractivité et au recrutement

Le recrutement de personnel qualifié représente déjà un défi important pour les entreprises des Basques. L’accès à des services de santé de proximité est l’un des premiers critères considérés par les familles et les travailleurs qui envisagent de s’établir dans la région. La fermeture de nuit de l’urgence de Trois-Pistoles affaiblit directement l’attractivité du territoire et réduit les arguments essentiels pour soutenir la croissance économique locale.

Une perte d’expertise et de retombées économiques

Les Chambres s’inquiètent également du risque accru de perte d’expertise dans le réseau de la santé. Le climat d’incertitude et le manque de considération pour les réalités locales favorisent le découragement et l’exode vers les grands centres. Ces départs entraînent une double perte : une diminution de l’offre de soins et un recul des retombées économiques, puisque ces professionnels contribuent activement à la vitalité des commerces et des services locaux.

Une population plus vulnérable face à l’éloignement des soins

La population des Basques est parmi les plus vieillissantes de la région. Allonger les distances et les délais pour accéder à des soins d’urgence expose davantage des citoyens déjà vulnérables. Dans certaines situations médicales, chaque minute compte, et l’éloignement des services peut entraîner des conséquences graves.

Un appui à la mobilisation citoyenne

Dans ce contexte, les Chambres de commerce de Trois-Pistoles / Notre-Dame-des-Neiges et de Saint-Jean-de-Dieu appuient l’initiative citoyenne « Il y a urgence pour notre urgence à Trois-Pistoles » et invitent la population, les entreprises et les acteurs socioéconomiques à participer à la consultation citoyenne Sauvons notre urgence le mercredi 11 février à 19 h à l’église de Trois-Pistoles.

Les Chambres réitèrent que le développement économique, la vitalité régionale et l’accès aux soins de santé sont indissociables. Un territoire privé de services essentiels est un territoire fragilisé. Le « nouveau modèle » doit être revu à la lumière d’une vision globale, concertée et cohérente avec les objectifs de développement des régions.

Photo : L’hôpital de Trois-Pistoles. (Photo Alexandre D’Astous)