(Alexandre D’Astous)-Un tout nouveau comité éolien voit le jour à la suite d’une première assemblée citoyenne tenue le 25 janvier dernier sur le thème de l’éolien au Bas-Saint-Laurent. Des participants de toute la région ont soulevé des enjeux liés développement éolien pour la région.
Le comité estime que la question est d’actualité plus que jamais, alors que l’ambition d’Hydro-Québec de doubler la production d’électricité pose de sérieuses questions. « La population bas-laurentienne est relayée au rôle de spectatrice et apprend par les médias qu’une augmentation de plus de 500% de la production d’énergie éolienne est prévue sur son territoire. En effet, de nombreux grands parcs éoliens ont été autorisés et l’Alliance de l’énergie de l’Est et Hydro-Québec ont signé trois ententes pour de gigantesques zones à potentiel éolien (Wocawson, Wetsok et Gespe’gewa‘gi), couvrant des milliers de kilomètres carrés. Bien que l’information manque de clarté, il est question que le Bas-Saint-Laurent se retrouve avec 1 000 éoliennes implantées, dont plus de la moitié ayant 200 mètres de hauteur », rapporte le comité dans un communiqué acheminé aux médias vendredi soir.
Chantiers d’envergure
Le comité souligne que la capacité de transport des lignes électriques actuelles est saturée. De nouvelles lignes de transport seraient donc nécessaires pour acheminer l’énergie produite vers les centres urbains. Cela implique une déforestation, des besoins en matériaux et des expropriations d’envergure. Des impacts s’ajoutant à ceux des éoliennes.
Une multitude de questions sans réponse
Les membres du comité se demandent comment est-ce possible de conclure de telles ententes sans préalablement consulter la population ? « Alors que le développement éolien effréné prévu au Bas-Saint-Laurent serait cinq fois plus important que ce qui a été fait dans les 20 dernières années, quels seraient les impacts du morcellement du territoire sur la biodiversité ? De la déforestation sur l’empreinte carbone et sur le potentiel forestier et acéricole ? Des changements au paysage et à la qualité de vie des riverains ? De la pollution et des coûts à venir pour l’enfouissement des pales en fin de vie (non, elles ne sont pas recyclables) ? Quels serait l’impact de la signature de contrats confidentiels pour l’installation d’éoliennes industrielles en terres privées sur les communautés locales et l’attractivité des municipalités ? Quels sont les enjeux réels que les emprunts, de milliards de dollars, contractés par l’Alliance de l’énergie de l’Est, soient garantis par les valeurs foncières des propriétaires de toutes les MRC entre Montmagny et les Îles-de-la-Madeleine, et ce, sans que la population soit consultée ? «
Mettre en commun l’information
C’est dans un objectif de partage d’informations et de réseautage que l’assemblée populaire a eu lieu le 25 janvier. Celle-ci fut un franc succès, selon ses organisateurs, avec une représentation de la majorité des secteurs du Bas-Saint-Laurent et un engagement enthousiaste des personnes présentes.
Fort de cette expérience dynamique, les participants invitent toute la population bas-laurentienne à s’intéresser à l’ensemble du dossier éolien sur son territoire, à s’engager dans une réflexion collective et à réclamer un processus lui permettant de consentir de façon libre et éclairée.
Les deux signataires du communiqué de presse, un résidant de Saint-Pascal-de-Kamouraska et une résidente de Packington, précisent que, pour l’instant, aucun commentaire supplémentaire ne sera offert.
Photo Alexandre D’Astous


