(Alexandre D’Astous)-Bris de services, augmentation des délais, surcharge de travail et détérioration du climat de travail, les compressions du gouvernement du Québec font mal aux services à la population et au personnel, selon un sondage mené par le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ).
Le gouvernement du Québec compte 1567 professionnelles et professionnels de moins depuis la mise en place du gel d’embauche dans la fonction publique, le 1er novembre 2024. À cela s’ajoutent d’importantes abolitions de postes dans le personnel de soutien. « Contrairement à ce que prétend la CAQ, les services à la population sont bel et bien affectés. Faire plus avec moins, ce n’est plus possible. Il y a déjà des bris de services et il va y en avoir d’autres. Le gouvernement doit être honnête avec la population et admettre qu’il coupe dans les services en ce moment », indique Guillaume Bouvrette, président du SPGQ.
Faits saillants du sondage
- Quelque 19 % des personnes répondantes ont constaté des bris de service à la population dans leur service ainsi que des situations rehaussant la vulnérabilité de la clientèle. De plus, 33 % constatent plus d’insatisfaction de la clientèle. 59 % notent que les délais dans leur service ont augmenté (45 %) ou beaucoup augmenté (14 %).
- 696 personnes répondantes sont membres d’un ordre professionnel et 20 % d’entre elles signalent que les exigences de leur employeur ou la diminution des effectifs entraînent des situations d’incompatibilité avec les normes de leur ordre professionnel.
- La charge de travail du personnel professionnel a augmenté en raison des compressions (65 % des personnes répondantes). Les personnes répondantes qualifient leur charge de travail de très élevée (23 %) et d’élevée (48 %) pour la plupart.
- Alors que le gouvernement dit vouloir réduire la bureaucratie, 46 % des professionnelles et professionnels disent observer une hausse des demandes de reddition de compte au travail.
- Plus de la moitié des personnes répondantes (56 %) constatent une détérioration du climat de travail dans la dernière année.
- Une personne professionnelle sur deux dit avoir subi une détérioration de sa santé psychologique au travail dans les 12 derniers mois.
« Le gouvernement devrait arrêter de vouloir marquer des points sur le dos de son personnel en vue de la prochaine élection et faire une pause pour entamer une réelle réflexion sur les services de l’État », estime M. Bouvrette.
Le sondage a été réalisé sur la plateforme SurveyMonkey du 27 novembre au 15 décembre 2025 auprès des membres du SPGQ. Au total, 5 182 personnes ont rempli le questionnaire d’enquête, portant le taux de réponse à 18,2 %.


