(Alexandre D’Astous)-L’Alliance du personnel professionnel et technique du réseau de la santé et des services sociaux du Bas-Saint-Laurent (APTS BSL), le Syndicat des professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires du Bas-Saint-Laurent (FIQ-SPSICR BSL) et le Syndicat du personnel de bureau, des techniciens et des professionnels de l’administration du CISSS du Bas-Saint-Laurent (SPBTPA BSL – CSN) s’inquiètent grandement des annonces formulées ce jeudi par le CISSS du Bas-Saint-Laurent concernant les services d’urgence à Trois-Pistoles et à Pohénégamook.

Alors que les nouvelles se faisaient attendre depuis des mois, le couperet tombe aujourd’hui sur les urgences hospitalières de Trois-Pistoles et de Pohénégamook. « On nous annonce une refonte en profondeur des services, mettant ainsi en péril l’accessibilité à des services de proximité essentiels. Mentionnant que « le statu quo n’est plus une option », qu’entend faire le CISSS du Bas-Saint-Laurent avec les services offerts aux urgences hospitalières de Pohénégamook et de Trois-Pistoles? Quelles sont les prochaines étapes concrètes de la démarche? Quels sont les services et les postes que le CISSS du Bas-Saint-Laurent souhaite couper dans les prochains mois? », questionne-t-on.

« Le CISSS du Bas-Saint-Laurent mentionne prendre cette décision pour répondre à ses enjeux de main-d’œuvre et non pour redresser sa situation financière. Pour nous, ces deux enjeux sont pourtant absolument indissociables. Tandis que de nouveaux leviers financiers permettraient de développer des solutions à la pénurie de main-d’œuvre, les coupures budgétaires et le contexte d’insécurité qui en découle sont très défavorables à l’attraction et à la rétention du personnel », dénoncent les syndicats par voie de communiqué.

Un message clair

La pénurie de personnel frappe tous les secteurs d’emploi et toutes les régions du Québec. Elle frappe cependant encore plus fort dans le réseau de la santé et des services sociaux tout comme dans les régions éloignées et les milieux ruraux. Pour les syndicats, associations et comités réunis aujourd’hui, il importe d’envoyer un message clair : La fermeture ou la diminution des services de proximité essentiels à la population n’est pas une réponse appropriée à la pénurie de main-d’œuvre.

« Les communautés rurales ont droit à la même accessibilité, à la même qualité et à la même intensité de soins et de services, partout au Québec aujourd’hui. Ce qu’on annonce aujourd’hui ne viendra qu’ajouter de l’huile sur le feu dans les communautés concernées et participera à la dévitalisation sociale et économique de ces milieux », commente Johannie Blais, présidente locale de l’APTS Bas-Saint-Laurent.

Le CISSS demeure évasif

« Avec son annonce, le CISSS du Bas-Saint-Laurent demeure évasif et propose d’établir des consultations avec les communautés concernées et les travailleuses et les travailleurs de la santé. Nous pensons que les milieux et les personnes concernées ont déjà envoyé un message on ne peut plus clair au CISSS du Bas-Saint-Laurent et à Santé Québec : On veut le maintien intégral de nos soins et services d’urgence » mentionne Pierre-Paul Malenfant, porte-parole du Comité citoyen pour la sauvegarde de l’urgence de Trois-Pistoles.

« Ce matin, le CISSS du Bas-Saint-Laurent et Santé Québec ont choisi, encore une fois, la voie la plus facile et la plus irresponsable : diffuser un communiqué improvisé et flou, sans véritable plan clair et défini pour rassurer la population, protéger les services de proximité et garantir le maintien réel du service d’urgence 24-7 dans la région », affirme Martin Bérubé Président interim SPBTPA.

« Le CISSS du Bas-Saint-Laurent n’offre pas d’information concrète aux professionnelles en soins qui sont en poste dans les urgences hospitalières concernées. Comment peut-on prétendre se préoccuper de l’attraction et de la rétention du personnel alors qu’on les garde dans un tel flou », déplore Brendon Sirois, vice-président local au FIQ-SPSICR-BSL.

Les organisations participant à ce comité entendent poursuivre leurs démarches afin d’effectuer les représentations nécessaires à l’atteinte de solutions qui répondent prioritairement aux besoins de la population bas-laurentienne et des personnes œuvrant dans le réseau de la santé et des services sociaux.

Photo : Le porte-parole du Comité citoyen pour la sauvegarde de l’urgence de Trois-Pistoles, Pierre-Paul Malenfant. (Photo courtoisie)