(Alexandre D’Astous)-À l’occasion du mois de l’économie sociale, du 1er au 30 novembre, le Réseau de coopération des EÉSAD réaffirme avec conviction que l’avenir du soutien à domicile au Québec repose sur la coopération.

L’économie sociale et le soutien à domicile forment une alliance naturelle. Les EÉSAD poursuivent une double mission, soit de livrer des services d’aide à domicile et de répit aux proches aidants à près de 110 000 usagers, tout en créant des emplois de qualité de proximité et porteurs de sens pour près de 10 000 aides à domicile. La fonction des EÉSAD transcende la prestation de services de soutien à domicile.

« Les EÉSAD, c’est plus qu’un service, c’est un mouvement collectif au service de la dignité et du bien-être des aînés et des personnes en perte d’autonomie pour qu’ils puissent rester chez eux. Elles sont exploitées à des fins non lucratives, enracinées dans les communautés, administrées par et pour les usagers – et elles sont présentes partout où il existe un besoin. Les EÉSAD font la démonstration quotidiennement qu’il est possible d’allier progrès économique et progrès social. Pour nous, le profit n’est pas une fin en soi ; il n’a de sens que s’il profite au plus grand nombre. De cette façon, chaque dollar investi par l’État en soutien à domicile sert à livrer des services et non à réaliser des bénéfices », affirme M. Martin-Charles St-Pierre, président du Réseau de coopération des EÉSAD.

Vitalité économique et sociale des régions

Les EÉSAD jouent également un rôle clé dans la vitalité économique et sociale des régions. En étant enracinées dans toutes les communautés du Québec, les EÉSAD assurentl’accès équitable aux services de soutien à domicile, même dans les zones rurales ou isolées. Elles favorisent aussi l’inclusion sociale, intégrant des travailleurs issus de l’immigration et de milieux diversifiés.

Au cours des dernières années, le secteur du soutien à domicile a été marqué par une montée du privé et de la marchandisation, transformant des services humains essentiels en prestations soumises aux logiques du marché. Dans ce modèle, la rentabilité prime parfois sur la continuité et l’accessibilité des soins, ce qui entraîne des conséquences concrètes, notamment des inégalités d’accès pour les personnes à faibles revenus. Cette tendance souligne l’importance d’alternatives solidaires, comme les entreprises d’économie sociale, qui replacent l’humain au cœur des services.

 Inégalités accrues

« La tendance à considérer le soutien à domicile comme une marchandise ou une source de profit comporte certains périls, notamment la perte de sens du soin et les inégalités accrues d’accès pour les plus vulnérables. Les EÉSAD accompagnent particulièrement desfemmes de plus de 70 ans vivant seules et en situation de précarité économique, souvent en régions éloignées. Nous sommes profondément convaincus qu’offrir des services d’aide à domicile durables partout au Québec, c’est défendre le droit des aînés à vieillir chez eux, au cœur de leur communauté, entourés de leurs repères et dans le respect de leur parcours de vie, un principe qui est intrinsèque à l’esprit de l’économie sociale », conclut J. Benoit Caron, directeur général du Réseau.

Photo :  J. Benoit Caron, directeur général du Réseau. (Photo courtoisie)