(M. J.) Même à 84 ans, Aimé Plourde a toujours la passion des moteurs. « On continue encore à m’apporter des choses à réparer », dit-il en montrant ses outils dans une toute petite pièce adjacente à son appartement de Trois-Pistoles. « J’ai obtenu mon premier brevet à l’âge de 13 ans pour l’ajustement automatique de courroies d’autos. J’ai une cinquantaine d’inventions à mon actif depuis ce temps-là ».
Depuis les années ’40, sa liste d’inventions est longue : première souffleuse à neige, première tondeuse ayant un couteau en dessous, poignées chauffantes et transmission de reculons pour les motoneiges, machine pour nettoyer les fournaises. Près de 17 de ses inventions ont été brevetées. Plusieurs se retrouvent dans un musée à Murchdocville.
« J’ai conçu une petite motoneige en 1944, bien des années avant Bombardier. À 10 ans je travaillais au moulin à scie que mon père avait à Saint-Modeste. » Arrivé en 1956 à Trois-Pistoles, M. Plourde a travaillé longtemps dans un garage spécialisé dans les transmissions automatiques.
Marché international
Quelle est l’invention dont il est le plus fier ? Il répond sans hésitation que c’est le cycloneige. En 1978, des représentants de la multinationale japonaise Kawasaki sont venus à Trois-Pistoles le rencontrer pour commercialiser son prototype de moto d’hiver.
L’achat de son brevet d’invention lui a donné quelques milliers de dollars. « Mais c’est difficile de commercialiser une invention. Et c’est facile de se faire voler ses idées, même avec des brevets », explique l’inventeur qui regrette de ne pas avoir eu plus d’appuis financiers pour la mise en marché de ses inventions.
Patenteux de l’année en 2014
Trouver de l’argent pour commercialiser un produit, M. Plourde reste encore confronté a cette problématique avec deux de ses plus récentes inventions pour effectuer des travaux en peinture. Son neveu Jean-Yves Dumont les utilise déjà dans son métier et en vante les qualités.
M. Plourde a conçu un rouleau alimenté par un tuyau permettant d’éviter de tremper son rouleau (ou son pinceau) dans la peinture. Cela prévient gaspillage et dégâts. Son autre invention consiste en un chariot électrique sur roulette actionné par un moteur qui est en fait une perceuse. Grâce à ce procédé, les peintres n’ont pas à descendre lorsqu’ils se déplacent pour peindre une surface. Cette dernière invention lui a permis de récolter deux prix lors de la Patente bas-laurentienne de Saint-Jean-de-Dieu, en 2014 : le prix Mon choix d’investissement et celui du Patenteux de l’année.
L’esprit inventif d’Aimé Plourde n’a pas encore pris de retraite. Il se dit toujours plein d’idées et continue d’inventer des prototypes que le grand public utilisera peut-être couramment d’ici quelques années, sans se douter que c’est un Pistolois qui l’a inventé !


